L'opposition tanzanienne réclame la "transparence" et des bilans du coronavirus

13 mai 2020 à 12h10 par AFP

AFRICA RADIO

L'opposition tanzanienne a exigé mercredi du pouvoir la transparence sur la propagation du coronavirus, après deux semaines sans nouveau bilan, l'ambassade des Etats-Unis s'inquiétant elle des "hôpitaux débordés" dans la capitale économique Dar es Salaam.

Le président tanzanien John Magufuli a non seulement été critiqué pour avoir minimisé à plusieurs reprises la gravité du coronavirus, mais il a accusé le 22 avril le ministère de la Santé d'alimenter la panique en mettant l'accent sur le nombre de nouveaux cas.Depuis, ce pays d'Afrique de l'Est n'a actualisé ses statistiques qu'une seule fois, le 29 avril, date à laquelle il comptait officiellement 480 cas. "Le gouvernement tanzanien ne devrait pas laisser ses citoyens dans l'ignorance. La transparence est vitale dans la lutte contre la pandémie de Covid-19", a déclaré à l'AFP Zitto Kabwe, chef de l'Alliance pour le changement et la transparence (ACT, opposition).Le parti a dénoncé mardi dans un communiqué le "silence radio" des autorités, exigeant la publication de "statistiques quotidiennes".L'ambassade américaine a pour sa part mis en garde dans un communiqué mercredi contre le risque "très élevé" de contamination à Dar es Salaam, invitant son personnel et leur famille à rester chez eux."Beaucoup d'hôpitaux de Dar es Salaam ont été débordés ces dernières semaines", selon l'ambassade, qui fait état de signes de "croissance exponentielle" du virus dans la ville et d'autres endroits du pays.Le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu'il reprendrait la publication des bilans une fois résolus les problèmes de tests au laboratoire national évoqués par le chef de l'Etat.La ministre de la Santé, Ummy Mwalimu, a ordonné le 4 mai la suspension du directeur du laboratoire et du responsable du contrôle de conformité, dans l'attente d'une enquête.La veille, M. Magufuli avait évoqué de possibles "sabotages" au sein du laboratoire, affirmant y avoir fait tester secrètement une papaye, une caille et une chèvre, qui s'étaient tous avérés positifs.Mais le Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) de l'Union africaine a rejeté ces critiques, affirmant avoir validé les tests utilisés en Tanzanie comme dans tous les pays du continent et les considérer comme "très performants".Contrairement à la plupart des pays africains qui ont décrété des mesures de confinement et des couvre-feu, la Tanzanie n'a fermé que ses établissements scolaires, les commerces et les transports continuant à fonctionner normalement.Si le chef de l'État a appelé ses concitoyens à éviter les "rassemblements non nécessaires", il les a aussi encouragés à continuer de faire marcher l'économie et à se rendre à la mosquée ou à l'église.