L'UE et l'Algérie affichent leurs divergences sur Assad et Kadhafi

Par La rédaction

LUXEMBOURG (AFP) - (AFP)

L'Union européenne et l'Algérie ont constaté leurs divergences lundi sur le sort à réserver aux dirigeants syrien et libyen, qui pour Alger est du seul ressort des peuples concernés et ne doit pas faire l'objet de pressions extérieures.

Concernant le point de savoir "si tel ou tel leader doit ou pas perdre sa légitimité, qu'il s'agisse de la Syrie ou de la Libye, ceux qui sont principalement responsables pour répondre à cette question ce sont les peuples eux-mêmes" de ces pays, a déclaré le ministre algérien des Affaires étrangères, Mourad Medelci, lors d'une réunion avec l'UE à Luxembourg.

"Cette question n'est pas du ressort de l'Algérie", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, en réponse à une question sur la nécessité ou pas pour le président syrien Bachar al-Assad et pour Mouammar Kadhafi en Libye de quitter le pouvoir.

Dans le même temps, le chef de la diplomatie algérienne a assuré à propos de la Syrie que son pays était "très préoccupé par ce qui se passe dans ce pays frère"."Ce qui s'y passe n'est pas acceptable, c'est clair", a-t-il dit.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Janos Martonyi, qui représentait l'UE à la réunion, a à l'inverse tenu un langage très ferme au sujet du colonel Kadhafi.

"La position de l'Union européenne est très claire (...) le régime de Kadhafi a perdu toute sa légitimité et toute solution politique pré-suppose le départ du dictateur et de sa famille du pouvoir", a-t-il dit.

Concernant la Syrie, il a indiqué que les ministres européens des Affaires étrangères comptaient publier une déclaration dans la journée, à l'issue d'une réunion également à Luxembourg.Selon des diplomates, elle devrait aborder la question de la légitimité de Bachar al-Assad.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a appelé lundi le président syrien Bachar al-Assad à engager des réformes pour démocratiser son pays ou à "se retirer" du pouvoir.

Les Européens préparent en outre un nouveau train de sanctions contre le pays, visant des entreprises liées au régime.Elles devraient être adoptées cette semaine.