L'Union africaine se mobilise face aux shebab somaliens

27 juillet 2010 à 13h27 par La rédaction

KAMPALA (AFP)

L'Union africaine terminait mardi à Kampala un sommet au cours duquel elle a donné des moyens accrus à ses soldats face aux insurgés islamistes en Somalie, sur fond de menace croissante d'Al-Qaïda et de ses mouvements affiliés sur le continent.

La trentaine de chefs d'Etat -- sur 53 pays membres -- réunis depuis dimanche ont entériné l'envoi de 2.000 soldats en renfort des 6.000 chargés de repousser les assauts des islamistes shebab à Mogadiscio, selon le projet de résolution finale que l'AFP a pu consulter.

L'UA a également renforcé les règles d'engagement de sa force en Somalie (Amisom) afin de l'autoriser à "attaquer de façon préventive" en cas de suspicion d'agression en préparation contre elle, a indiqué à l'AFP le porte-parole de l'armée ougandaise, le lieutenant colonel Felix Kulayigye.

L'Ouganda fournit 3.500 des 6.000 soldats de l'Amisom (aux côtés de 2.500 Burundais) et ce pays devrait aussi apporter l'essentiel des renforts attendus dans les prochaines semaines, selon des sources diplomatiques concordantes.

Mais l'organisation est-africaine à l'origine de l'offre de renfort, l'Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement), dont l'Ouganda est membre, doit encore préciser officiellement de quels pays viendront les troupes promises.

"Nous sommes désormais dans une situation dans laquelle tous les Africains ont compris l'urgence de la situation" en Somalie, s'est félicité devant l'AFP le ministre éthiopien des Affaires étrangères Seyoum Mesfin.

Les islamistes shebab, qui contrôlent la plus grande partie du sud et du centre de la Somalie, ont pour la première fois opéré hors de leur territoire national en revendiquant un double attentat qui a fait 76 morts le 11 juillet à Kampala.

Mouvement purement national lors de sa fondation en 2006, les shebab ont fait allégeance il y a quelques mois à Al-Qaïda, dont ils apparaissent désormais comme la franchise pour toute l'Afrique de l'Est.

Un autre mouvement africain affilié à Al-Qaïda, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a de son côté annoncé dimanche avoir exécuté un otage français, Michel Germaneau, enlevé au Sahel en avril.

Cette organisation a présenté cette "exécution" comme une mesure de représailles à une opération militaire mauritanienne et française contre un camp de l'organisation au Mali.

Le commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra, a "très énergiquement condamné" l'annonce de la mort de l'otage et relevé "la même idéologie, les mêmes modes opératoires et les mêmes objectifs" des différentes organisations se réclamant d'Al-Qaïda.

Au Sahel, les membres d'Aqmi se disséminent sur une zone quatre ou cinq fois grande comme la France et répartie sur plusieurs pays.En Somalie, ils profitent de l'anarchie d'un pays livré à la guerre civile depuis 1991.

L'UA devait demander à sa Commission de lui présenter des propositions "en vue de renforcer l'efficacité de la lutte collective antiterroriste de l'Afrique", selon le projet de résolution, notamment par une coopération judiciaire et policière accrue.

Sur le Soudan, la nouvelle inculpation pour génocide du président Omar el-Béchir dans le conflit du Darfour "porte atteinte à la paix et à la sécurité en Afrique", a estimé le président actuel de l'UA, le chef d'Etat du Malawi Bingu wa Mutharika.L'UA a enfoncé le clou en refusant d'accueillir un bureau de la Cour pénale internationale sur le sol africain.

L'organisation continentale devait enfin appeler Khartoum et Juba à "assurer une paix durable, une coopération étroite entre le Nord et le Sud ainsi que la protection des droits de chaque Soudanais, quelle que soit l'issue du référendum d'autodétermination" prévu en janvier dans le sud Soudan.