L'Union Africaine veut qu'Hissène Habré soit jugé au Sénégal par une chambre spéciale

Par La rédaction

ADDIS ABEBA (AFP)

L'Union africaine (UA) a de nouveau souhaité samedi que l'ex-président tchadien Hissène Habré soit jugé par une juridiction spéciale au Sénégal, un sujet qui sera à l'ordre du jour du sommet d'Addis Abeba de l'organisation continentale.

"La Commission de l'UA pense que la meilleure option est le Sénégal", a déclaré au cours d'une conférence de presse le Directeur des affaires juridiques de l'UA, Ben Kioko.

"Nous pensons qu'il est possible de faire juger Hissène Habré au Sénégal par une chambre extraordinaire", a souligné M. Kioko.

"Cette juridiction spéciale serait composée de trois juges, dont l'un serait originaire d'un autre pays africain que le Sénégal et serait désigné par le président de la Commission de l'UA", a-t-il précisé.

Selon M. Kioko, le sujet sera au menu des discussions du XVIème sommet de l'UA qui s'ouvre dimanche dans la capitale éthiopienne et rassemblera les dirigeants des 53 Etats membres.

L'UA avait présenté mi-janvier au président sénégalais Abdoulaye Wade un projet prévoyant la création d'une chambre africaine extraordinaire au sein des tribunaux sénégalais, habilitée à poursuivre les suspects de génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre et de torture commis au Tchad entre juin 1982 et décembre 1990.

Cette proposition avait été élaborée après une décision en novembre 2010 de la Cour de Justice de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui avait jugé que M. Habré devait être jugé dans le cadre "d'une procédure spéciale ad hoc à caractère international".

Les fonds nécessaires pour un tel procès, estimés à 11,7 millions de dollars, ont déjà été réunis.

En décembre, le président Wade avait cependant déclaré "en avoir assez" de de l'affaire Habré et affirmé qu'il la "renvoyait" à l'UA.

En janvier, il avait évoqué la possibilité de renvoyer Habré au Tchad pour qu'il y soit jugé.Le président tchadien Idriss Deby a déclaré récemment, à plusieurs occasions, qu'il était prêt à accepter le procès au Tchad, où Hissène Habré a été condamné à mort par contumace en 2008.

"Juger Hissène Habré au Sénégal, au Tchad, ou un autre mécanisme de justice, toutes les options sont sur la table", a résumé le directeur des affaires juridiques de l'UA.

"Mais nous pensons toujours que la meilleure option est de le juger au Sénégal, peut-être même dans le courant de cette année", a-t-il réaffirmé, estimant que "la volonté politique (du Sénégal) pour juger Habré était toujours là".