La France et le Mali accusent Al-Qaïda d'être derrière l'enlèvement des Français

Par La rédaction

NIAMEY (AFP)

 La France et le Mali ont accusé lundi Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) d'être derrière l'enlèvement au Niger de deux Français tués samedi, lors d'un assaut des forces françaises en territoire malien contre les ravisseurs. Evènement

En visite à Niamey lundi, le ministre français de la Défense Alain Juppé a dit avoir "absolument" la confirmation de l'implication d'Aqmi dans l'enlèvement des deux Français dans la capitale.

 Une source sécuritaire malienne a également affirmé à l'AFP qu'il y avait "des preuves irréfutables qui accablent" Aqmi.

Aussitôt après le rapt vendredi soir dans un restaurant de Niamey d'Antoine De Léocour et Vincent Delory, deux amis d'enfance âgés de 25 ans, les soupçons s'étaient portés sur cette mouvance, qui retient depuis septembre 2010 cinq Français kidnappés dans le nord du Niger.

Le Premier ministre français François Fillon a déclaré à Paris que les otages ont été "éliminés froidement" par leurs ravisseurs et que le rapt était "une commande d'Aqmi exécutée par des gens très divers, une douzaine de types".

 L'assaut final a eu lieu au Mali et a été l'oeuvre des seules forces françaises après accord préalable de Bamako, a-t-il dit, alors que les premières informations avaient fait état d'une opération de sauvetage en territoire nigérien, près de la frontière malienne.

M. Juppé a fait part de la "détermination commune" du Niger et de la France "à lutter contre le terrorisme", après un entretien avec le chef de la junte au pouvoir au Niger, le général Salou Djibo.

Le ministre a dit avoir demandé "des mesures complémentaires" de sécurité à Niamey, notamment pour les 1.500 Français et binationaux sur place.

Il a cité le lycée et le centre culturel français mais aussi "certains lieux publics fréquentés par tout le monde, dont nos ressortissants, comme l'aéroport".

Les autorités nigériennes l'ont "assuré qu'elles allaient revoir leur dispositif pour améliorer les choses", a déclaré M. Juppé, avant de rencontrer la communauté française et de quitter Niamey pour le Tchad en fin de journée.

Les corps des deux otages, actuellement dans une clinique privée de la capitale, doivent être rapatriés mardi, selon des parlementaires français.

Des policiers antiterroristes français ont été envoyés ce week-end au Niger pour participer à l'enquête, alors que les circonstances de la mort des deux Français sont encore entourées de zones d'ombre.

 Le président américain Barack Obama a présenté ses condoléances à son homologue français Nicolas Sarkozy, lors d'un entretien à la Maison Blanche.

"Les Etats-Unis et la France, nous sommes décidés à être des alliés sur ce sujet du terrorisme.Nous considérons ensemble que la faiblesse serait profondément coupable et que nous n'avons pas d'autre choix que de combattre ces terroristes partout où ils se trouvent", a affirmé M. Sarkozy.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a condamné l'assassinat "odieux" des deux Français et promis le soutien de l'Union européenne pour aider à "éliminer la menace du terrorisme" dans le Sahel.

Paris a mis en garde ses ressortissants contre la menace accrue de "terrorisme" dans trois pays du Sahel: Mauritanie, Mali et Niger.

"Au regard de la menace terroriste qui pèse sur la région, aucun endroit ne peut désormais plus être considéré comme sûr", a averti le ministère des Affaires étrangères.

La paisible Niamey était jusque-là considérée comme une capitale sans risque mais l'enlèvement des deux jeunes hommes a changé la donne.Antoine De Léocour allait se marier avec une Nigérienne et Vincent Delory devait être son témoin.

Aqmi a revendiqué il y a trois mois le rapt de cinq Français, d'un Togolais et d'un Malgache travaillant pour la plupart pour le groupe nucléaire français Areva et un sous-traitant du groupe de construction Vinci dans le nord du Niger.

En juillet avait été annoncée l'exécution de Michel Germaneau, un humanitaire français de 78 ans qui avait été enlevé le 19 avril dans le nord du Niger.