La France "fait tout" pour retrouver la famille enlevée au Cameroun et qui serait au Nigeria

Par La rédaction

YAOUNDE (AFP) - (AFP)

La France a dit "tout faire", mercredi, pour retrouver une famille de sept Français - dont quatre enfants - enlevée dans l'extrême-nord du Cameroun et qui auraient été conduite au Nigeria voisin, attribuant à la secte islamiste Boko Haram le rapt non revendiqué.

Le président François Hollande a qualifié d'"odieux" l'enlèvement, selon la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem."C'est la première fois que des enfants sont ainsi pris en otages.Nous faisons tout, avec l'aide des autorités du Cameroun et du Nigeria, pour retrouver nos compatriotes.Il est probable qu'ils aient été emmenés au Nigeria", a-t-elle ajouté.

Selon un diplomate occidental dans la région, les quatre enfants enlevés sont âgés de 5 à 12 ans.

La ministre déléguée aux Français de l'étranger, Hélène Conway-Mouret, avait auparavant déclaré à la chaîne BFM-TV: "Aucune revendication n'a été faite.Nous ne connaissons ni les ravisseurs ni l'endroit où ils se trouvent aujourd'hui.Il faut attendre que les autorités à la fois camerounaises et nigérianes essaient de les localiser (...)".

Le ministre camerounais délégué aux Affaires extérieures, Joseph Dion-Ngute, interrogé également sur BFM-TV, a assuré de son côté que les otages français se trouvaient au Nigeria.

Expatriés au Cameroun et alors en vacances dans le nord du pays, les Français se trouvaient dans une zone "à 200 mètres du Nigeria (...), dans leur véhicule 4x4, ils ont été surpris par ces preneurs d'otages.Ils les ont mis sur des motos et ils ont traversé et pris la fuite vers le Nigeria", a-t-il déclaré.

Il s'agit du premier enlèvement de Français depuis le début de la guerre lancée par la France le 11 janvier au Mali pour déloger des groupes islamiques armés qui occupaient le nord du pays.

"Nous estimons que c'est la secte Boko Haram qui a procédé à l'enlèvement, mais on n'a pas encore la signature", a déclaré de son coté le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, écartant un lien éventuel avec l'intervention française au Mali.

Boko Haram ("l'éducation occidentale est un péché", en langue haoussa), qui n'a jamais revendiqué jusqu'à présent d'enlèvements, affirme combattre pour la création d'un Etat islamique au Nigeria.Les violences liées à Boko Haram et leur répression sanglante par les forces de l'ordre auraient fait quelque 3.000 morts depuis 2009.

 "Nous n'avons pas enregistré de revendications jusqu'à présent et ne pouvons donc pas nous aventurer à pointer un quelconque groupe", a déclaré devant la presse le chef du centre opérationnel camerounais interarmée, le colonel Didier Eyedé.Prudent, il a assuré que les forces camerounaises avaient "d'ores et déjà pris toutes les dispositions pour intensifier les mesures de sécurité à l'endroit des expatriés français sur tout le territoire", sans préciser lesquelles.

Côté nigérian, "Nous avons envoyé des message à nos hommes (...) en particulier aux frontières (de l'Etat nigérian) de Borno", qui longe le parc camerounais de Waza, a déclaré Rilwan Bala Musa, contrôleur général par intérim du Service de l'immigration nigérian."Nous voulons nous assurer que les zones frontalières sont sécurisées et nous sommes déjà en état d'alerte", a-t-il dit, sans confirmer la présence des otages sur le territoire nigérian.

"Les ressortissants français qui se trouveraient actuellement dans l'extrême nord du Cameroun doivent impérativement se mettre en lieu sûr et quitter la zone au plus vite", a demandé le ministère français des Affaires étrangères."Les régions frontalières du Niger, du Sud-libyen, du Soudan et de la République Centrafricaine, ainsi que la région du Lac Tchad sont formellement déconseillées", selon le ministère.

Le groupe gazier français GDF Suez avait confirmé mardi "l'enlèvement d'un de ses collaborateurs avec sa famille".

"On est complètement en état de choc (...) Ils sont là bas...On n'a pas dormi", a réagi la grand-mère maternelle de la famille, mercredi sur une radio française, RTL."C'est une attente, c'est complètement cruel.Toutes les familles d'otages sont comme ça.Nous on voyait ça de loin avant, maintenant, on est dedans".

Quelque 6.200 ressortissants français sont recensés comme vivant au Cameroun.La France y est l'un des tout premiers investisseurs étrangers, avec une centaine de filiales et quelque 200 entreprises appartenant à des ressortissants français dans de multiples domaines (exploitation pétrolière, forestière, sucre, brasseries, cimenterie, etc.).

Ce nouvel enlèvement porte à quinze le nombre d'otages français à l'étranger, tous en Afrique de l'Ouest.Selon Intel center media list, centre américain de recherche spécialisé sur les questions de sécurité, la France est le pays occidental qui a le plus de ressortissants pris en otages dans le monde, devant les Etats-Unis (neuf otages).