La Guinée-Bissau se dit prête pour une présidentielle calme dimanche

Par La rédaction

BISSAU (AFP) - (AFP)

Les autorités bissau-guinéennes ont affirmé samedi avoir pris des dispositions pour une élection présidentielle sans violences dimanche, à l'issue de deux semaines de campagne sans incidents majeurs et d'appels au calme dans ce pays au passé tumultueux.

"Nous avons une force conjointe" composée de militaires et de policiers, encadrée par des officiers de l'ONU, "dont le rôle est d'améliorer et garantir la sécurité pendant tout le processus électoral", elle "reste en alerte et elle ne tolèrera aucun acte de violence ou de désordre pendant et après le scrutin", a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur, Fernando Gomes.

Il a annoncé que les frontières terrestres, maritimes et aériennes seraient fermées et la circulation des véhicules de civils restreinte pendant 24 heures le jour du vote.

Au total, 593.782 électeurs sont inscrits pour le scrutin, selon de nouveaux chiffres communiqués samedi par la Commission nationale des élections (CNE).Le précédent chiffre était de quelque 579.000 électeurs.

13.660 bureaux de vote ouvriront de 07H00 à 17H00 (locales et GMT) dans tout le pays parcouru par les principaux candidats pendant les deux semaines de la campagne électorale qui pris fin vendredi par d'imposants meetings et caravanes à Bissau.

Des dizaines de milliers de partisans de Carlos Gomes Junior, du parti au pouvoir, de Kumba Yala (opposition) et de Serifo Nhamadjo (indépendant), trois des favoris, ont sillonné la ville jusque tard dans la nuit.

Avant le vote, les appels au calme se sont multipliés dans la communauté internationale, inquiète pour la stabilité de cette ex-colonie portugaise de plus de 1,6 million d'habitants devenue indépendante en 1974 après une lutte armée.Depuis, coups d'Etat avortés ou réussis, mutineries et violences dans lesquelles l'armée a joué un rôle majeur, s'y sont multipliés.

Candidats confiants

Le chef des observateurs de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'ex-président nigérien de transition Salou Djibo, a invité à l'apaisement pendant et après le scrutin et au respect du processus démocratique.

Un appel similaire avait été lancé par l'ONU et les Etats-Unis, ainsi que par le président intérimaire de Guinée-Bissau, Raimundo Pereira, qui a aussi souhaité un vote massif.

Carlos Gomes Junior, 62 ans, ex-Premier ministre en lice pour le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), s'est déclaré confiant de l'emporter dès le premier tour, sans toutefois exclure l'éventualité d'un second.

Mais l'ex-président Kumba Yala, 59 ans, du Parti de la rénovation sociale (PRS), le député Serifo Nhamadjo et l'ex-président de transition Henrique Rosa, 66 ans, candidat indépendant, se sont également dits sûrs de gagner.

Depuis 2000, aucun président élu n'a terminé son mandat en Guinée-Bissau, qui a réalisé ces dernières années des progrès économiques, mais dont le développement est entravé par l'instabilité politique chronique.

Le pays, formé d'une partie continentale et d'un archipel, est doté d'eaux poissonneuses et d'un sous-sol riche en ressources minières et pétrolières non exploitées, mais près de 65% de la population vit sous le seuil de pauvreté.

Il est en outre fragilisé par les activités de trafiquants de drogue qui l'utilisent comme zone de transit entre l'Amérique du Sud et l'Europe.

Beaucoup de candidats se sont engagés à faire autant ou mieux que le président Malam Bacaï Sanha, élu président en juillet 2009 et décédé en milieu de mandat le 9 janvier.Il a été salué comme l'artisan de progrès économiques et d'une relative stabilité en deux ans et demi de pouvoir, cependant perturbé par deux soubresauts politico-militaires majeurs en avril 2010 et décembre 2011.