La Libye demande à l'UE 5 milliards d'euros pour stopper l'immigration clandestine

5 octobre 2010 à 8h50 par La rédaction

TRIPOLI (AFP)

La Libye a renouvelé sa demande de 5 milliards d'euros par an à l'Union européenne pour "stopper définitivement" l'immigration clandestine à partir de ses côtes, à l'occasion d'une visite d'une délégation européenne à Tripoli, a rapporté mardi l'agence libyenne Jana.

"La Libye demande à l'UE cinq milliards d'euros par an pour stopper définitivement l'immigration clandestine vers l'Europe", a indiqué le ministre libyen des Affaires étrangères, Moussa Koussa, cité par Jana.

M. Koussa s'exprimait au cours d'une réunion avec la commissaire européenne chargée des questions d'immigration, Cecilia Malmström, et celui chargé des accords de coopération entre l'UE et ses voisins, Stefan Füle.

Il a renouvelé une demande déjà formulée par le numéro un libyen Mouammar Kadhafi fin août, lors d'une visite en Italie.

Le gouvernement italien, sans approuver cette somme, insiste pour que l'UE aide davantage financièrement la Libye dans ce domaine.Elle souhaite que la question soit discutée pendant un sommet euro-africain prévu en novembre, qui aura lieu en Libye.

Les relations entre l'UE et la Libye, pays par lequel transitent de nombreux ressortissants de l'Afrique sub-saharienne candidats à l'émigration vers l'Europe, sont difficiles sur ce dossier.

Tripoli demande depuis longtemps des financements et des équipements pour surveiller ses frontières maritimes et terrestres.

La Commission européenne avait jugé exagérée la demande libyenne, estimant que beaucoup pouvait déjà être réalisé "avec des sommes nettement inférieures".

La délégation européenne devait se rendre mardi à Kufra, un no man's land situé à 2.000 kilomètres au sud-est de Tripoli, aux confins des frontières égyptiennes, tchadiennes, soudanaises et nigériennes.

Les autorités libyennes ont organisé ce voyage afin que la délégation européenne "se rende compte de l'étendue des frontières terrestres du pays et de la difficulté de les contrôler", a indiqué à l'AFP un responsable européen sous couvert de l'anonymat.