La pacification du Sahel au centre de la conférence d'Alger

Par La rédaction

ALGER (AFP) - (AFP)

L'Algérie réunit mercredi et jeudi les pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU et d'organisations internationales avec ses voisins du Sahel, pour réfléchir à une pacification de la région plus que jamais menacée depuis l'éclatement de la crise libyenne.

Cette conférence permettra à la région d'échanger, d'analyser et de mieux s'organiser pour "faire face" à ce nouveau défi, selon le ministre algérien délégué aux Affaires maghrébines et africaines Abdelkader Messahel.

Quelque 38 délégations seront présentes aux côtés des chefs de la diplomatie des pays sahéliens Algérie, Mali, Mauritanie et Niger, parmi les plus touchés par les activités d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Des experts de la lutte antiterroriste, la lutte contre le crime transnational organisé et le développement prendront part à cette rencontre.

Le général américain, Carter F. Ham, commandant de l'Africom qui était venu à Alger en juin sera également présent.

Première du genre, cette conférence se tient en pleine crise libyenne.L'Algérie a, à maintes reprises, exprimé ses craintes de voir des armes en provenance de Libye tomber entre les mains des combattants d'Aqmi et a fermé sa frontière avec la Libye longue d'un millier de kilomètres.

Dimanche, M. Messahel, a jugé qu'"une situation nouvelle a été créée par la crise libyenne" qui a favorisé la circulation d'armes et de réfugiés ou déplacés.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont publiquement exprimé à plusieurs reprises leur préoccupation de voir Aqmi profiter du chaos libyen pour renforcer son armement.

Lundi à Bruxelles, le coordinateur de la lutte antiterroriste de l'Union européenne, Gilles de Kerchove -qui participera à la Conférence d'Alger- a estimé qu'Aqmi a ainsi "eu la possibilité d'avoir accès à des armes, soit des petites armes, soit des mitrailleuses, soit certains missiles sol-air qui sont très dangereux puisqu'ils rendent plus risqué le survol du territoire".

Mais pour la France, la crise libyenne ne fait pas craindre qu'Aqmi puisse se se renforcer.

"Non", a répondu son ministre de la Défense Gérard Longuet, interrogé par le quotidien Libération sur un renforcement d'Aqmi à la faveur de la crise en Libye."La France, en liaison avec ses proches partenaires, est en train d'identifier les mesures propres à éviter la dissémination d'armements", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, a indiqué que cette rencontre témoignait de "la volonté collective de lutter, de manière coordonnée, contre le terrorisme et la criminalité organisée et d'encourager le développement des régions les plus exposées à ces menaces".

Les Algériens insistent beaucoup sur le développement du Sahel comme moyen de lutter contre le crime organisé et le trafic, souvent liés aux actes de terrorisme.

Parmi les projets qui pourraient être discutés lors des ateliers prévus durant deux jours de conférence au Palais des Nations, dans la banlieue ouest d'Alger: des micro-projets pour les populations déshéritées mais aussi l'accélération de la construction de la route transsaharienne et les connexions du réseau routier entre les pays du Sahel.

L'objectif de ces deux jours est "d'organiser le partenariat à travers, entre autres, la création de synergie entre les partenaires des pays de la région et d'une plus grande complémentarité entre les différentes stratégies et partenariats en direction du Sahel", selon un communiqué du ministère.

"Le monde fait face à des menaces majeures et globales auxquelles il faut des réponses globales", a aussi déclaré M. Messahel.

Grande absente de la réunion: la Libye par laquelle l'inquiétude est arrivée et qui partage une bonne partie de ses frontières sahéliennes avec les pays de la région qui participent à cette conférence.