La parole, meilleur remède pour les anciens enfants soldats d'Ouganda

2 août 2011 à 18h44 par La rédaction

WASHINGTON (AFP) - (AFP)

Une thérapie consistant à faire raconter tout haut leur terrible expérience à d'anciens enfants soldats s'est montrée efficace en Ouganda pour venir à bout du syndrome de stress post-traumatique, révèle une étude publiée mardi aux Etats-Unis.

La méthode pratiquée par des volontaires locaux, et qui a le mérite d'être peu coûteuse, s'est révélée sans surprise plus efficace que des cours de rattrapage scolaire ou que le fait de placer les enfants sur de longues listes d'attente pour qu'ils puissent bénéficier d'un traitement, souligne l'étude parue dans le Journal of the American Medical Association (Jama).

L'expérience menée par des chercheurs de l'Université de Bielefeld en Allemagne a été réalisée sur 85 anciens enfants soldats, âgés de 12 à 25 ans, atteints de syndrome de stress post-traumatique.

Un tiers d'entre eux ont été traités par la méthode consistant à raconter à haute voix leur expérience, dans laquelle "le participant retrace une chronologie détaillée de sa biographie avec l'aide du thérapeute pour reconstituer des souvenirs fragmentés d'événements traumatiques et tenter de s'y accoutumer", explique l'étude.

Après huit séances de 90 à 120 minutes, 80% de ces sujets ont vu leur cas s'améliorer, contre 48% de ceux ayant eu droit à de simples cours de rattrapage scolaire et 50% de ceux ayant été placés sur liste d'attente pour une thérapie plus traditionnelle.

Un an après le traitement, 68% des enfants du premier groupe n'étaient plus considérés comme souffrant de syndrome de stress post-traumatique, contre 52% dans le deuxième groupe et 54% dans le troisième groupe, révèle aussi l'étude.

Selon les estimations de l'ONU, quelque 250.000 enfants ont été activement impliqués dans des guerres dans près de 14 pays.En Ouganda, beaucoup d'enfants ont été recrutés pour combattre dans les rangs rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur, au cours d'une guerre civile qui a duré 20 ans.