La presse algérienne fustige l'UMP

Par La rédaction

ALGER (AFP)

Des journaux privés algériens fustigeaient samedi les déclarations de responsables du parti UMP, au pouvoir en France, qui ont vivement critiqué les experts du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD), dont un Algérien est membre.

"Paris au banc des accusés", écrit El Watan qui estime que "le climat détestable qui règne dans l'Hexagone ces dernières semaines inquiète la presse internationale mais aussi les institutions".

Le CERD, composé de 18 experts de différents pays, a dénoncé cette semaine un "manque de volonté politique" en France face à une "recrudescence" des actes racistes et xénophobes.Ses membres ont aussi critiqué les récentes déclarations du président Nicolas Sarkozy sur les Roms ainsi que le projet de déchoir de la nationalité française certains criminels d'origine étrangère.

"A court d'argument, les représentants du parti de Sarkozy croient avoir trouvé la parade en mettant en avant la situation des droits de l'homme dans les pays dont sont originaires certains des experts du CERD", affirme le Quotidien d'Oran.

"On focalise ainsi sur la nationalité de certains des 18 experts du CERD dont l'Algérien Noureddine Amir, le Russe Alexei S. Avtonomov, le Pakistanais M. Kemal Anwar (président), le Roumain Ion Diaconu ou le Turc Gün Kut".Mais "la parade est très mauvaise même si effectivement la situation des droits de l'homme dans les pays cités est critiquable", ajoute le journal.

"Même en supposant que les experts cités par les représentants de la droite française en cours de lepénisation ne seraient pas de bonne foi, il faudra aussi souligner que dans ce comité figurent, outre un Français, nombre de pays +amis+ dont un Indien, un Brésilien, un Britannique, une Irlandaise et un Américain", précise-t-il.

Les déclarations des responsables de l'UMP "pourraient à l'avenir poser problème à Nicolas Sarkozy", estime pour sa part Le Jour d'Algérie.

"Car si celui-ci (...) remet en cause la légitimité onusienne, il lui sera difficile de l'imposer aux autres", alors qu'il cherche "par tous les moyens à s'imposer sur la scène politique internationale".