La procureure de la CPI se félicite de la remise au tribunal d'un criminel de guerre centrafricain présumé

Par AFP

AFRICA RADIO

La procureure générale de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda s'est félicitée lundi de la remise à la garde de la CPI du chef présumé d'une milice accusé de crimes contre l'humanité en Centrafrique, tout en affirmant qu'elle était "très préoccupée" par la situation dans ce pays.

Mahamat Said Abdel Kani, 50 ans, un commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, responsable de nombreuses violences dans le pays en 2013, a été remis par les autorités de Bangui à la CPI sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par l'un des juges du tribunal en 2019.Il est arrivé lundi au centre de détention de la Cour, à La Haye, où siège la CPI, créée en 2002 pour juger les crimes les plus atroces.Il est soupçonné de "crimes contre l'humanité, d'emprisonnement ou autre forme grave de privation de liberté, de torture, de persécution, de disparitions forcées et d'autres actes inhumains", ainsi que de "crimes de guerre, torture et traitements cruels", selon le tribunal."Nous allons poursuivre tous nos efforts pour que ceux qui sont responsables d'atrocités en Centrafrique répondent de leurs crimes, quel que soit leur camp", a assuré Fatou Bensouda dans un communiqué.La Centrafrique avait sombré en 2013 dans un conflit sanglant, à la suite du renversement du président François Bozizé, opposant notamment la Séléka, une coalition rebelle issue en grande partie de la majorité musulmane, à des groupes armés chrétiens et animistes soutenant François Bozizé, et connus sous le nom de milices anti-balaka.Deux anciens chefs de guerre centrafricains, qui dirigeaient des milices anti-balaka, sont actuellement jugés à la CPI."Je suis vivement préoccupée par la situation sécuritaire en Centrafrique et les informations faisant état de violences graves commises contre les civils et les Casques bleus", a ajouté Mme Bensouda.La République centrafricaine a décrété le 21 janvier l'état d'urgence pour 15 jours sur l'ensemble du pays, majoritairement sous contrôle de groupes armés, sur fond de nouvelle offensive rebelle visant à renverser le président Faustin Archange Touadera, tout juste réélu dans une élection où deux électeurs inscrits sur trois n'ont pas pu voter, essentiellement en raison de l'insécurité.L'émissaire de l'ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, a réclamé au Conseil de sécurité une "augmentation substantielle" du nombre de Casques bleus dans le pays - qui sont déjà 12.000 militaires, ce qui représente l'une des plus grosses et coûteuses opérations de l'ONU dans le monde.Le noyau de la rébellion actuelle est formé par des milices anti-balaka fidèles à Bozizé, alliées à des groupes à dominante peule et musulmane qui avaient pourtant, au sein de la coalition Séléka, renversé le président Bozizé en 2013.