La RDC peut réduire de 20% le niveau de pauvreté en 5 ans avec des réformes

Par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

Le ministre congolais des Finances a jugé jeudi possible de réduire de 20% en cinq ans le niveau de pauvreté en République démocratique du Congo, à condition de mener des réformes et d'améliorer le climat des affaires.

"Si les réformes sont établies vigoureusement, si la stabilité du cadre macroéconomique est maintenue, si le climat des affaires s'améliore, il y a un boom économique qui peut se réaliser, et dans cinq ans on peut réduire tout au moins de 20% le niveau de pauvreté", a déclaré Augustin Matata Ponyo, en marge de la présentation du bilan économique du pays, où deux tiers des 67,8 millions d'habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec 1,25 dollar par jour.

"Ne nous faisons pas d'illusion, le social ce n'est pas le budget de l'Etat tout court, le social c'est le secteur privé.Nous devons améliorer le climat des affaires pour que la RDC, au lieu d'être classée parmi les derniers du +Doing business+, soit classée parmi les 50 premiers, pourquoi pas parmi les dix" premiers, a-t-il ajouté.

Selon le rapport de la Banque mondiale "Doing Business 2012", qui évalue l'environnement des affaires dans le monde, la RD Congo se classe 178e sur 183 pays.

"Nous avons fait supprimer en 2011 18 taxes illicites et illégales (...), et on peut en supprimer autant.Les opérateurs économiques aujourd'hui croient en ce pays plus qu'il y a plusieurs années, il n'y a qu'à voir l'explosion du bâtiment (...) C'est un thermomètre objectif", a estimé M. Matata Ponyo.

Le taux de croissance en RDC pour 2011 est estimé à "près de 7%, soit un niveau supérieur à celui programmé de 6,5%", et il est prévu à 6% pour 2012, a indiqué le ministre.L'inflation s'est située à 15,4% en 2011, et le gouvernement prévoit un taux de 9% pour 2012.

"Si la RDC arrive à réaliser un taux de croissance économique de 7% avec un classement Doing business parmi les moins compétitifs au monde, à plus forte raison elle devrait facilement atteindre une croissance à deux chiffres, si des réformes d'envergure sont entreprises (...) pour créer les conditions favorables à la promotion d'un tissu industriel et agricole capable de créer des millions d'emplois et d'accroître significativement les revenus de la population", a-t-il assuré.

"La réforme des régies financières et celle de l'administration des finances constitue un maillon essentiel (...) pour améliorer la gouvernance économique et le climat des affaires", a relevé M. Matata Ponyo.

Le ministre a évoqué "la mobilisation accrue des revenus internes dans le cadre d'une gestion transparente de l'exploitation des ressources naturelles" (la RDC détient notamment un tiers des réserves mondiales de cobalt), ou encore "l'intensification des réformes" pour moderniser la collecte des ressources publiques, comme la mise en place depuis le 1er janvier 2012 d'une Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 16%.

"La lutte contre la fraude et la corruption va demeurer notre cheval de bataille", a-t-il assuré, en évoquant la "révocation" en 2011 de 20 cadres des régies financières "pour causes de pratiques véreuses".