La Tanzanie va rouvrir ses universités malgré les doutes sur l'épidémie

21 mai 2020 à 9h16 par AFP

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Le président tanzanien John Magufuli a annoncé jeudi la réouverture des universités et le retour des compétitions sportives à partir du 1er juin, après avoir assuré que l'épidémie était en net recul, au grand dam de ses opposants.

M. Magufuli a régulièrement minimisé la gravité de l'épidémie de nouveau coronavirus et cela fait trois semaines que son gouvernement n'a pas actualisé le nombre total de cas, bloqué à 480, dont 16 morts, au 29 avril.Alors que l'ambassade des Etats-Unis sur place a fait état de signes de "croissance exponentielle" du virus dans plusieurs endroits du pays et que l'opposition dénonce des manoeuvres de "dissimulation", M. Magufuli a décidé d'assouplir les mesures prises pour enrayer l'épidémie."Nous avons décidé de rouvrir les universités à compter du 1er juin 2020", a-t-il déclaré lors d'une réunion publique dans la capitale administrative Dodoma, précisant qu'une décision sur le primaire et le secondaire serait prise ultérieurement.Il a ajouté que les événements sportifs pourraient reprendre à la même date, assortis toutefois de mesures de distanciation sociale."A l'heure actuelle, je n'ai pas entendu parler de sportifs qui seraient morts du coronavirus et ça veut dire que non seulement le sport est important pour le divertissement, mais aussi pour la lutte contre le virus", a-t-il déclaré.Le président Magufuli avait annoncé dimanche que le nombre de cas avait "drastiquement diminué" dans le pays, sans donner de chiffres, grâce aux prières des Tanzaniens.Il a déclaré une nouvelle session de trois jours de prières nationales à partir de vendredi, pour remercier Dieu, tandis que le gouverneur de la capitale économique Dar es Salaam, Paul Makonda, a appelé ses administrés à sortir dans la rue dimanche et à faire du bruit pour célébrer l'évolution de l'épidémie dans le pays.M. Magufuli, 60 ans, a été élu président en 2015. Surnommé "Tingatinga" (bulldozer en swahili), un temps salué pour ses efforts affichés dans la lutte contre la corruption, il est régulièrement accusé par ses opposants de forte dérive autoritaire et par les groupes de défense des droits de l'homme d'avoir grandement restreint les libertés publiques dans son pays.