Laurent Gbagbo, président d'une demi-Côte d'Ivoire en quête de revanche

27 octobre 2010 à 11h28 par La rédaction

GAGNOA (Côte d'Ivoire) (AFP)

Laurent Gbagbo, 65 ans, président de la Côte d'Ivoire depuis 2000 malgré la fin de son mandat en 2005, veut prendre sa revanche lors de la présidentielle de dimanche, après avoir été privé du contrôle du nord de son pays par une rébellion.

Membre de l'ethnie bété, il est né le 31 mai 1945 dans la région de Gagnoa (ouest).Historien de formation, il fonde dans les années 1980 dans la clandestinité le Front populaire ivoirien (FPI, gauche).

Opposant farouche à l'inamovible "père de la Nation", le président Félix Houphouët-Boigny (1960-1993), il le défie en 1990 lors des premières élections de l'ère du multipartisme.

En octobre 2000, face au chef de la junte au pouvoir depuis 1999, le général Robert Guéï, M. Gbagbo est élu président dans des conditions qu'il qualifiera lui-même de "calamiteuses", lors d'un scrutin dont sont exclus deux grands candidats, l'ex-président Henri Konan Bédié et l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara.

Il résiste à une tentative de coup d'Etat en septembre 2002, mais le nord du pays passe aux mains d'une rébellion rebaptisée plus tard Forces nouvelles (FN).

Politicien habile pour les uns, "roublard" pour les autres, il parvient, contre son opposition et une communauté internationale emmenée par la France, à garder le pouvoir, même après la fin de son mandat en 2005.Il sait s'appuyer sur ses jeunes partisans, les "patriotes", qui enflamment à l'occasion la rue.

En 2007, il conclut un accord de paix avec le chef des FN Guillaume Soro, qui devient son Premier ministre.

"Je suis un enfant des élections", répond M. Gbagbo à ses adversaires, qui le voient comme le principal obstacle à une présidentielle sans cesse repoussée.

Il est marié à Simone Ehivet, considérée comme une "dure" de son régime, et père de trois enfants, dont un fils né d'un premier mariage avec une Française.