Le Cap-Vert, exemple africain de stabilité, vote pour les législatives

6 février 2011 à 7h23 par La rédaction

PRAIA, Cap-Vert (AFP)

Le Cap-Vert, archipel ouest-africain réputé pour sa stabilité et sa bonne gestion, vote dimanche pour renouveler ses députés, un scrutin opposant principalement les deux grands partis qui dominent la vie politique depuis l'indépendance de cet ex-colonie portugaise en 1975.

José Maria Neves, 50 ans, Premier ministre et président du Parti africain de l'indépendance du Cap-Vert (PAICV, socialiste), au pouvoir depuis dix ans, sollicite un troisième mandat de cinq ans.

Face à lui, Carlos Veiga, 61 ans, ancien Premier ministre et leader du Mouvement pour la Démocratie (MPD, libéral), qui ont dirigé le pays de 1991 à 2001, et dont la campagne a été placée sous le signe du "changement" face au PAICV, ancien parti unique qui avait déjà été au pouvoir de 1975 à 1991.,

Impossible de se faire une idée du favori, la publication de sondages étant interdite par la loi.

Si, pour le PAICV et le MPD, l'ambition est d'obtenir la majorité nécessaire à la formation du gouvernement, pour les trois autres petites forces politiques, l'Union capverdienne indépendante et démocratique (UCID), le Parti du travail et de la solidarité (PTS) et le Parti social-démocratique (PSD), l'objectif est juste de réussir à prendre deux ou trois sièges au Parlement.

Pour se faire réélire, le PAICV et son dirigeant comptent sur un bilan économique flatteur: croissance moyenne de 6% au cours des dix dernières années, construction de nombreuses infrastructures, des ports, trois aéroports internationaux, des centaines de kilomètres de routes dans l'ensemble des neuf îles habitées de l'archipel.

Depuis janvier 2008, le Cap-Vert a quitté la catégorie des pays les moins avancés pour celle des "pays à revenus intermédiaires" et est présenté comme "un exemple" de démocratie et de bonne gouvernance en Afrique.

Mais le MPD reproche au parti au pouvoir sa faible performance dans la lutte contre la chômage (17% selon l'opposition, 13% selon le gouvernement) et la faillite des politiques dans les secteurs de l'énergie et de l'habitat particulièrement.

Carlos Veiga prône une "diminution du poids de l'�?tat dans l'économie afin de laisser plus d'espace à l'initiative privée".

Le premier ministre José Maria Neves rétorque que le choix des électeurs est simple: "poursuivre le travail au profit de tous les Capverdiens au cours des dix dernières années, ou choisir les incertitudes d'une gouvernance au bénéfice des intérêts d'une minorité".

Le Cap-Vert, démocratie parlementaire dont le président est depuis 2001 Pedro Pires, au rôle protocolaire, a la particularité d'avoir plus de ressortissants vivant à l'étranger que sur son territoire: 700.000 (essentiellement aux Etats-Unis) contre 500.000.

L'archipel est largement dépendant de l'aide internationale et tire une bonne partie de ses revenus des fonds envoyés par ses ressortissants émigrés.

La crise financière a affecté cette importante ressource ainsi que celle du tourisme, secteur clé de l'économie: 400.000 visiteurs sont venus au Cap-Vert en 2010, 600.000 sont prévus en 2011.

Quelque 310.000 électeurs sont appelés aux urnes dans l'archipel et à l'étranger pour élire 72 députés de treize circonscriptions, dix pour le territoire national et trois pour la diaspora (Amériques, Europe et reste du monde, Afrique).

En Afrique, les principales communautés capverdiennes résident au Sénégal, Guinée-Bissau, Angola, São Tomé et Príncipe, Côte d'Ivoire, Gabon et Mozambique.

Quelque 10.000 Africains venus principalement de l'ouest du continent, vivent au Cap-Vert qui, comparé à leurs pays d'origine souvent très pauvres, fait figure d'eldorado.