Le chômage des jeunes entre dans la campagne

Par La rédaction

Tout comme à l'automne 2011, le 22 février dernier lors de son discours consacré à l'emploi, le président candidat Nicolas Sarkozy a réitéré son v�?u de rendre obligatoire l'alternance en privilégiant l'apprentissage en dernière année du BAC professionnel et du CAP. L'accès au marché du travail n'est plus si facile, jeunes comme vieux sont davantage confrontés aux difficultés liées à l'emploi au même titre que celles des couches actives. La population la plus exposée à ce fléau est celle des jeunes 15-24 ans. Afin de réduire le taux de chômage de ces jeunes Nicolas Sarkozy souhaiterait les pousser plus tôt vers les entreprises par l'apprentissage.Cette piste lancée par Nicolas Sarkozy suscite un intérêt mitigé du côté des lycées et des entreprises, tant sur le principe que sur la faisabilité. La mesure supposerait que chaque année 250 000 élèves de lycées professionnels trouvent un emploi afin de partager leur temps entre l'école et les entreprises. Comment les entreprises pourraient-elles absorber 250 000 apprentis chaque année en cette période de crise financière et de hausse de la TVA ?Selon un rapport publié par le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq) les profils les plus recherchés par les entreprises sont les diplômés d'IUFM, d'écoles d'ingénieurs et d'écoles de commerce. Cependant notons qu'il existe tout de même une disparité entre les différents cursus scolaires et l'insertion professionnelle. En réalité l'insertion professionnelle est plus rapide chez les apprentis que chez les lycéens ! On note toutefois des nuances importantes selon les niveaux. Les situations d'insertion post apprentissage sont en effet très différentes (chômage, CDD, CDI) selon la catégorie et le niveau du diplôme. L'enchaînement des stages, des contrats à durée déterminée, ne permet pas non plus aux jeunes d'être à l'abri du chômage._ Si pour Nicolas Sarkozy l'apprentissage pourrait réduire le taux de chômage des jeunes, ses adversaires politiques eux pensent le contraire.François Bayrou, le candidat du Modem propose quant à lui d'équilibrer les finances publiques et modérer les dépenses par le rabotage des niches fiscales ce qui permettrait de financer l'emploi et privilégier les jeunes.Le Parti Socialiste de François Hollande prévoit la hausse des impôts pour les entreprises de plus de 30 milliards d'euros de capital, revoir aussi les avantages des niches fiscales, rétablir l'impôt sur la fortune et reformer la loi sur le travail et la reforme des retraites Les écologistes quant à eux axent leur programme sur l'écologie et le développement par la révision de la tranche d'imposition.Marine Le Pen, elle, propose de sortir de la zone euro en promouvant le Made In France.Le Front de Gauche de Jean Luc Mélenchon s'opposerait plutôt aux fermetures des usines afin de réduire le taux de chômage. L'insertion socioprofessionnelle retient de plus en plus l'attention de la société occidentale. Dans ce contexte le problème du chômage n'est pas spécifiquement lié à La France, il est européen et même mondial. L'idée d'un BAC pro en alternance vient d'Allemagne où l'apprentissage a déjà fait ses preuves les jeunes diplômés sont relativement épargnés par la précarité réservée au moins diplômés et le taux de chômage des moins de 25 ans est limité à 9% contre 21.6% en France. En tout cas la compétitivité est rude à tous les niveaux et le chômage des jeunes est un indicateur à manier avec prudence. La France a perdu son avantage compétitif et les jeunes diplômés restent la population la plus sensible aux aléas de cette conjoncture économique. Véronique AHOUDJI