Le Congo et la Chine conviennent de renégocier la structuration de la dette congolaise

21 juin 2021 à 15h27 par AFP

AFRICA RADIO

Les présidents congolais Denis Sassou Nguesso et chinois Xi Xiping ont convenu lundi, lors d'une entretien téléphonique, de restructurer la colossale dette congolaise envers Pékin qui empêche ce pays d'Afrique centrale de reprendre des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI), a-t-on appris de sources officielles.

"La question de la dette a été évoquée par les deux présidents et le président Sassou Nguesso a posé le problème à son pair (...) en lui faisant une proposition d'une deuxième restructuration", a déclaré à la presse Rigobert Roger Andely, ministre congolais des Finances."Le président Xi Xiping a approuvé (la demande)", a-t-il ajouté, rendant compte d'un entretien téléphonique des deux chefs d'État."Cette restructuration, c'est pour permettre au pays d'avoir un peu plus de ressources pour faire face à ses propres besoins internes et de lever cet obstacle aux bonnes relations avec le FMI", a expliqué M. Andely.Les experts chinois et congolais sont chargés "de pouvoir en fixer les modalités et les conditions", a-t-il expliqué.En 2019, la Chine avait déjà restructuré la dette du Congo, ce qui avait permis au pays de conclure un programme axé sur la Facilité élargie de crédit avec le FMI.Mais depuis lors, la dette congolaise évaluée à 110% du Produit intérieur brut (PIB) par le FMI est jugée "insoutenable", la norme communautaire en Afrique centrale étant de 70% du PIB, a expliqué lundi à l'Assemblée nationale le Premier ministre congolais Anatole Collinet Makosso.Le FMI a suspendu son appui. Le pays est doublement frappé par la crise économique et sanitaire due à la baisse des prix du pétrole et la propagation du Covid-19.Le Congo doit à la Chine 1.300 milliards de FCFA (2 milliards d'euros), selon le gouvernement alors que la dette globale du pays "s'élève actuellement en réalité à 6016,5 milliards de FCFA (plus de 10 milliards d'euros) au 31 décembre 2020, soit 98% du PIB" a estimé le Premier ministre Makosso.