Le Covid-19 complique la lutte contre le changement climatique en Afrique subsaharienne

4 juin 2020 à 14h37 par AFP

AFRICA RADIO

Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu jeudi que la pandémie de coronavirus risquait d'affaiblir la capacité financière de l'Afrique subsaharienne à répondre aux défis du changement climatique, dont elle est la première victime à l'échelle planétaire.

"Un tiers des sécheresses enregistrées dans le monde se produisent en Afrique subsaharienne et la fréquence des tempêtes et des inondations y augmente plus" que dans le reste du monde, indique le FMI dans un rapport.L'intensification de ces phénomènes climatiques "laisse chaque année des millions de personnes (...) sans abri, en situation d'insécurité alimentaire et provoque de sérieux et coûteux dégâts économiques".Une sécheresse supplémentaire dans un pays d'Afrique subsaharienne "peut réduire d'un point de pourcentage sa croissance économique annuelle à moyen terme", souligne l'institution financière basée à Washington. Ces phénomènes climatiques peuvent aussi "contribuer à des migrations de masse et des conflits et avoir pour conséquence des problèmes de nutrition et de santé qui réduisent la résilience de la population aux pandémies", détaille le FMI.A ces difficultés, s'ajoute désormais la gestion de la pandémie de Covid-19 qui "a de lourdes conséquences" sur les finances africaines, poursuit le Fonds, qui appelle les partenaires à se mobiliser pour aider le continent."Financer l'adaptation au changement climatique sera plus rentable que les fréquentes aides aux victimes de catastrophes", estime le FMI, qui évalue le coût de cette adaptation de 30 à 50 milliards de dollars par an au cours de la prochaine décennie.Ces aides axées sur la résilience des populations au changement climatique va aussi permettre d'augmenter "la résilience aux pandémies (...), réduire les inégalités et assurer la stabilité macro-économique", souligne le Fonds.