Le frère du "martyr" de la "Révolution du jasmin" refuse l'argent du Golfe

Par La rédaction

SIDI BOUZID (Tunisie) (AFP)

"J'ai reçu deux offres d'Arabie Saoudite et du Yémen, 10.000 euros pour l'étal de fruits et légumes de mon frère, mais je ne le vendrai jamais", raconte à l'AFP Salem, frère de Mohammed Bouazizi, "martyr" à l'origine de la révolution du jasmin en Tunisie.

"Je préfère le garder en mémoire de mon frère.Un jour peut-être, il sera considéré comme un monument", espère-t-il.

Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'était immolé le 17 décembre devant les bureaux du gouverneur de Sidi Bouzid, à 260 km au sud de Tunis, pour protester contre la saisie musclée par la police de son étal de fruits et légumes qu'il vendait sans permis pour faire vivre les siens.

Son geste de désespoir a été à l'origine de la révolte populaire sans précédent d'un mois qui a provoqué la chute du régime du président Ben Ali, réfugié depuis vendredi en Arabie Saoudite après 23 ans de règne sans partage.

L'étal, partiellement incendié lors du suicide du jeune homme, parsemé d'emballages de fruits brûlés, est soigneusement rangé dans un garage près de la maison familiale.

Le suicide de Mohammed Bouazizi avait été suivi d'au moins quatre autres en Tunisie, dont plusieurs jeunes diplômés sans emploi.

Il a aussi inspiré des jeunes en Algérie, en Egypte et en Mauritanie, reflétant le profond malaise social et politique qui règne dans ces pays.