Le Kenya dit avoir obtenu la libération d'un journaliste détenu en Ethiopie

Par AFP

AFRICA RADIO

Le ministère kényan des Affaires étrangères a annoncé jeudi avoir obtenu la libération d'un journaliste kényan détenu en Ethiopie depuis plus d'un mois sans avoir été inculpé et qui est malade du Covid-19.

Yassin Juma, de son vrai nom Collins Juma Osemo, avait été arrêté peu après le meurtre fin juin d'Hachalu Hundessa, un populaire chanteur éthiopien, qui avait déclenché des violences intercommunautaires dans lesquelles entre 179 et 239 personnes ont trouvé la mort.Son arrestation avait déclenché un tollé au Kenya, dont le gouvernement avait écrit à son homologue éthiopien pour réclamer sa libération, après qu'il eut été maintenu en détention quand bien même un tribunal avait ordonné le 5 août sa remise en liberté sous caution.L'ambassade kényane en Ethiopie a réussi à aider Yassin Juma à quitter la prison dans laquelle il était détenu pour être placé "dans un établissement gouvernemental d'isolement", a indiqué le ministère kényan des Affaires étrangères sur son compte Twitter.Selon le Comité de protection des journalistes (CPJ), les autorités éthiopiennes avaient affirmé que M. Juma avait été arrêté parce qu'il ne s'était pas identifié comme journaliste lors de la fouille par la police dans la capitale de la maison de l'opposant Jawar Mohammed, qui était lui-même déjà détenu.Le journaliste a indiqué qu'il était en Ethiopie pour travailler sur un documentaire pour la chaîne britannique Sky News.Dans une lettre datée du 12 août à son homologue éthiopien, le ministère kényan des Affaires étrangères avait estimé que la détention prolongée de M. Juma était "hautement regrettable".Plus de 9.000 personnes ont été arrêtées après les violences qui ont suivi le meurtre d'Hachalu, dont plusieurs hauts dirigeants de l'opposition et journalistes.M. Juma est un des au moins deux détenus qui ont été testés positifs au Covid-19, a indiqué Human Rights Watch dans un communiqué paru samedi.Dans une lettre mardi au quotidien kényan Daily Nation, M. Juma avait décrit ses dures conditions d'incarcération, "avec 68 autres prisonniers positifs au Covid-19, sans accès à des médicaments dans des cellules surpeuplées, sans eau ni régime alimentaire pour nous soutenir dans notre état".fb/np/cyb/jhd