Le Maroc veut "une réévaluation globale de ses relations avec l'Espagne"

2 décembre 2010 à 15h48 par La rédaction

RABAT (AFP)

 Le Maroc considère "que le moment actuel nécessite une réévaluation globale des relations (du royaume) avec l'Espagne, dans tous les domaines", a déclaré jeudi le ministre marocain de la Communication, Khalid Naciri.

M. Naciri est également porte-parole du gouvernement marocain.

Cette déclaration intervient après l'adoption à Madrid d'une motion des députés espagnols demandant au gouvernement socialiste de "condamner les incidents violents du 8 novembre" survenus lors du démantèlement d'un campement de contestataires sahraouis au Sahara occidental.

Ce texte, approuvé par 327 voix pour et une abstention, avait été proposé par le groupe parlementaire de divers gauche ERC-IU-ICV.

"Les forces politiques espagnoles mettent le Maroc au coeur des luttes politiques internes, dans un contexte électoral visant à détourner les regards de la crise économique profonde connaît l'Espagne", a précisé le ministre marocain au cours d'un point de presse à Rabat.

Le bilan officiel marocain fait état de 13 morts, dont 11 parmi les forces de l'ordre, à la suite du démantèlement du campement.

Le Front Polisario a fait état pour sa part de "dizaines de morts" sans préciser leur identité.

Le Maroc a rejeté samedi l'idée d'une enquête de l'ONU sur ces violences et refuse que la mission de l'ONU sur le Sahara, la Minurso, ait compétence en matière de droits de l'Homme, selon une interview du chef de la diplomatie marocaine publiée par El Pais.

Les députés espagnols sont, eux, en faveur de cet élargissement des fonctions de la Minurso.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé en 1975 par le Maroc.Le Polisario, soutenu notamment par l'Algérie, réclame un référendum d'autodétermination, sous l'égide de l'ONU, qui laisserait aux Sahraouis le choix entre trois options: rattachement au Maroc, indépendance, ou autonomie sous souveraineté marocaine.

Le Maroc propose un plan de large autonomie sous sa souveraineté, refusant toute idée d'indépendance.