Le Niger attend les résultats de la présidentielle

Par AFP

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Le dépouillement terminé dans les bureaux de vote, les Nigériens attendaient lundi les résultats de l'élection présidentielle qui doit marquer la première transition démocratique entre deux présidents élus dans ce pays habitué aux coups d'Etat et en proie à des attaques jihadistes récurrentes.

"Pour le moment, les résultats n'ont pas encore commencer à tomber. Dès que ce sera le cas, on commencera à les annoncer", a déclaré lundi à la mi-journée à l'AFP Wadou Nanon, rapporteur de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), qui compile les chiffres transmis par les bureaux de vote après le scrutin dimanche. Un responsable de la Céni avait indiqué dimanche que les premières estimations étaient attendues lundi et les résultats espérés mercredi ou jeudi. Aucun "incident grave" n'a été recensé par la Céni dimanche."Il faut attendre les résultats, mais j'ai confiance en l'organisation et dans les résultats", a affirmé Djabril, vendeur de boissons.Amadou Taïrou, cultivateur, était plus sceptique : "Dire que ces élections sont saines, je ne donne pas cette garantie. On peut voter plusieurs fois", accuse-t-il, assurant que l'encre dans lequel les votants trempent leur doigt peut être retirée.7,4 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes (sur 23 millions d'habitants) pour cette présidentielle couplée à des législatives.Le président sortant Mahamadou Issoufou avait affirmé dimanche: "Quel que soit le vainqueur, la victoire appartiendra au peuple nigérien. C'est un jour spécial pour le Niger qui va connaitre pour la première fois une alternance démocratique".M. Issoufou, 68 ans, ne se représentait pas à l'issue de ses deux mandats constitutionnels. Après dix ans au pouvoir, il espère une victoire au premier tour de son bras droit Mohamed Bazoum, 60 ans, en compétition avec 29 autres candidats."Une élection à un seul tour n'est pas possible. L'état de santé de leur parti et le niveau de frustration des Nigériens empêchent toute perspective de faire +un coup KO+. Il y aura un second tour" le 20 février, a assuré le candidat et ancien ministre des Affaires étrangères Ibrahim Yacouba. Un des principaux défis du prochain président sera de juguler les attaques jihadistes qui ont fait des centaines de morts depuis 2010, et fait fuir de leurs foyers environ 500.000 réfugiés et déplacés, selon l'ONU.