Le pari de la grève en Côte d'Ivoire

Par La rédaction

L'appel à la grève lancé par Gnamien Konan, le ministre de la Fonction publique du gouvernement Ouattara, n'a presque pas eu d'effets dans l'immédiat. A partir de mardi néanmoins les transports se sont fait rares à Abidjan.Nécessité fait loiLe cabinet Ouattara a fait un « appel pressant à tous les fonctionnaires et agents de l`Etat de s`abstenir de collaborer, de quelque manière que ce soit, activement ou passivement, avec le régime illégal et illégitime de M. Laurent Gbagbo »Le ministre de la Fonction publique a été chargé d`établir "une liste exhaustive" des fonctionnaires "qui contreviendront" à cet appel et de "mettre en place un comité de discipline" en vue d`adopter des sanctions administratives "ou même d`apprécier l`opportunité de poursuites judiciaires".L'appel du camp Ouattara se double donc de menaces. Malgré cela de nombreux fonctionnaires continuent de se rendre au travail comme le confirme cette habitante d'Abidjan en poste dans un ministère : « Nous avons peur de perdre notre emploi et de ne pas être payé à la fin du mois ».D'un côté l'éventualité d'être « listé » par le gouvernement Ouattara. De l'autre, celle d'un renvoi ou d'une sanction économique. Les Ivoiriens se trouvent donc face à un dilemme bien compliqué à résoudre.Le syndicat des transports proche de OuattaraMardi, un reporter de l'AFP constate que « L`appel à la grève [�?�] a été mieux suivi que la veille, et s`est traduit notamment à Abidjan par une forte réduction des transports collectifs ».Cela s'explique par la proximité entre le président du syndicat national des transporteurs professionnels de Côte d'Ivoire, Cissé Amara et le RHDP. Selon Abidjan.net : « Les mini-cars de transport collectif appelés "gbakas", très utilisés par les Abidjanais, étaient rarement visibles sur les principaux axes. Ce secteur d`activité est largement dominé par les ressortissants du nord du pays ("dioula"), soutiens fervents de M. Ouattara. »Les Taxis également se font rares, comme à San Pedro : « Nous avons reçu des instructions fermes de nos patrons d`Abidjan. La grève est nationale et tous les chauffeurs de taxi de San Pedro ont respecté le mot d`ordre », a déclaré à l`AFP Moussa Touré, un responsable du Syndicat des chauffeurs de taxi de la ville.