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Le président ivoirien demande des droits de tirage spéciaux du FMI face à la Covid-19

24 septembre 2020 à 15h29 Par AFP
Le président ivoirien Alassane Ouattara a prôné jeudi auprès des Nations unies le recours aux droits de tirage spéciaux (DTS), sorte de monnaie créée par le FMI, pour aider les pays africains à faire face à l'impact économique de l'épidémie de Covid-19. "Il faut aller plus loin et agir sans plus tarder. Les pays africains ont besoin de solutions pérennes, notamment de liquidités et d'investissements, afin de résister au choc inédit subi par nos populations et de poursuivre le processus de développement du continent", a-t-il dit lors d'un discours virtuel à la 75e Assemblée générale des Nations unies."Parmi ces solutions, je recommande le recours aux droits de tirage spéciaux du Fonds monétaire international (FMI), un mécanisme qui a déjà fait preuve d'efficacité lors de la crise financière mondiale de 2008/2009", a-t-il ajouté.Les DTS peuvent être accordés par le FMI directement aux pays membres. Ces derniers peuvent les utiliser soit pour rembourser leurs obligations auprès du FMI, soit pour ajuster leurs réserves monétaires.Cette procédure assez rare a été utilisée trois fois depuis leur création en 1969. Au total, ces "distributions" de DTS ont représenté 204 milliards de dollars.Nombre d'économistes, dont l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Khan, plaident aussi pour le recours aux DTS.Le président ivoirien a évalué à 100 milliards de dollars par an sur trois ans, soit 300 milliards de dollars, les besoins financiers de l'Afrique.Alassane Ouattara a également plaidé, comme plusieurs de ses homologues africains, pour une annulation de la dette des pays africains et une prolongation du moratoire sur leur service de la dette."Le monde doit enfin entendre l'appel des Africains à l'annulation de la dette publique de leur pays", a-t-il souligné, en rappelant "la démarche de l'Union africaine visant à renégocier de manière collective la dette du continent".Alassane Ouattara a déploré "le soutien insuffisant et sans commune mesure" avec leurs propres efforts des pays riches au continent africain face à la Covid-19."Face à la progression de la Covid-19, les pays en développement, notamment les pays africains, subissent plus directement les effets économiques et sociaux de l'absence d'initiatives de portée mondiale en faveur de leur économie", a-t-il dit."Face à cet ennemi qu'est la Covid-19, le monde a affiché un front désuni qui perdure et retarde l'émergence d'une solution collective et efficace", a-t-il poursuivi.