Le processus constitutionnel à nouveau suspendu au Zimbabwe

Par La rédaction

HARARE (AFP) - (AFP)

Le processus constitutionnel au Zimbabwe, préalable à l'organisation de nouvelles élections, a été à nouveau suspendu lundi, le parti du président Robert Mugabe s'étant plaint d'une "impasse" dans le processus de compilation des opinions des citoyens.

"L'impasse vient de différences avec les autres parties sur l'approche ou le modèle à utiliser pour consolider les rapports qui ont été reçus du terrain", a déclaré à l'AFP Paul Mangwana, chargé de la question à la ZANU-PF, le parti de M. Mugabe.

"Le comité organisateur se réunira aujourd'hui ou à un moment de la semaine pour examiner ces problèmes", a-t-il ajouté.

La Zanu-PF souhaite prendre en compte les apports des citoyens de manière quantitative tandis que le MDC, le mouvement rival du Premier ministre Morgan Tsvangirai, préfère une approche qualitative.

Le processus constitutionnel avait déjà été interrompu pendant quelques jours en mai, pour les mêmes raisons.

Paul Mangwana a également indiqué qu'il manquait 1,8 million de dollars pour poursuivre les travaux de rédaction de la Constitution.

Les consultations ont été entamées en 2009.Mais le processus, émaillé de nombreux incidents, a déjà pris un an de retard, et l'objectif initial d'organiser un référendum en septembre pour approuver le texte semble de plus en plus compromis.

Les réunions publiques ont régulièrement été interrompues par des violences.Un partisan de Morgan Tsvangirai a été tué en septembre quand des pro-Mugabe ont violemment perturbé l'une de ces rencontres à Harare.Cinq personnes avaient alors été blessées et l'une d'elles est décédée des suites des blessures.

Robert Mugabe, 87 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980, partage le pouvoir avec M. Tsvangirai, son rival historique, depuis février 2009.

Leur accord fonctionne difficilement et le chef de l'Etat souhaite organiser des élections avant la fin de l'année pour y mettre un terme.Morgan Tsvangirai veut des réformes --et notamment la nouvelle Constitution-- avant que les Zimbabwéens aillent à nouveau aux urnes.