Le Puntland rompt tout lien avec le gouvernement somalien

Par La rédaction

NAIROBI (AFP)

La région autoproclamée autonome du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, a officiellement rompu tout lien dimanche avec le gouvernement de transition somalien, et ce jusqu'à la mise en place d'un "gouvernement fédéral légitime", a-t-on appris de source officielle.

Cette décision a été prise à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire dimanche à Garowe, la "capitale" du Puntland, selon un communiqué du gouvernement du Puntland parvenu à l'AFP à Nairobi.

Le conseil des ministres "proclame que le Puntland ne coopèrera plus avec le TFG (gouvernement de transition somalien) jusqu'à ce qu'un gouvernement fédéral représentatif et légitime soit mis en place avec l'accord des acteurs légitimes en Somalie", annonce le communiqué.

Le conseil "déclare que le TFG ne représente pas le Puntland dans les instances internationales et appelle le bureau politique des Nations unies pour la Somalie à revoir sa position et son soutien au TFG au détriment d'autres parties prenantes somaliennes", poursuit le communiqué.

Les autorités du Puntland, dans ce communiqué particulièrement virulent en forme de réquisitoire, reprochent notamment au gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed son échec à rétablir la sécurité, à instaurer un vrai fédéralisme et l'accusent de chercher à déstabiliser le Puntland et d'autres régions stables de Somalie.

Elles dénoncent ainsi "le manque de participation, de consultation et de représentation du gouvernement du Puntland lors du processus de paix de Djibouti en 2008-2009, qui a conduit la formation de l'actuel TFG".

Le gouvernement du Puntland déplore également "la marginalisation du Puntland dans les initiatives et financements de la communauté internationale pour la reconstruction" du pays et accuse le TFG d'être "impliqué dans la création de milices armées anti-gouvernementales visant à déstabiliser les régions en paix de la Somalie".

Contrairement au Somaliland voisin, le Puntland, fondé en 1998 par l'ancien président des institutions de transition Abdullahi Yussuf Ahmed, n'a pas fait sécession mais dispose de ses propres institutions et administration (gouvernement, Parlement) installées à Garowe.

Dans son communiqué, le gouvernement du Puntland propose l'organisation rapide d'une conférence de réconciliation nationale et apporte son "soutien" à la nouvelle politique à deux volets des Etats-Unis en Somalie.

Cette nouvelle approche, exposée fin septembre à New York par le secrétaire d'�?tat adjoint aux affaires africaines Johnnie Carson, vise à contrer l'expansion des insurgés islamistes radicaux shebab, qui se réclament d'Al-Qaïda, tout en soutenant le TFG.

Elle met surtout l'accent sur un rôle accru des régions du Puntland et du Somaliland.

"Nous pensons que ces deux régions de la Somalie ont été des zones relativement stables sur le plan politique et civil et nous pensons qu'elles feront effet de rempart contre l'extrémisme et le radicalisme qui pourraient sortir du Sud" somalien, avait alors déclaré M. Carson.

Les insurgés shebab contrôlent la majeure partie du sud et du centre de la Somalie et ont juré la perte du gouvernement de transition qui ne contrôle que quelques quartiers de la capitale Mogadiscio, où les combats sont quasi-quotidiens.Le TFG ne doit sa survie qu'à la protection des quelque 8.000 de la force de l'Union africaine Amisom.

En comparaison, le Puntland et le Somaliland jouissent d'une relative stabilité.Le Puntland abrite toutefois la majeure partie des pirates somaliens qui multiplient depuis 2007 les captures de navires contre rançon.