Le Rwanda veut faire tomber son taux de pauvreté sous les 30% en 5 ans

Par La rédaction

Kigali (AFP)

Le Rwanda a pour objectif de faire tomber le taux de pauvreté dans le pays sous la barre des 30% d'ici cinq ans, contre 45% actuellement, a annoncé vendredi le président rwandais Paul Kagame.

Le chef de l'Etat s'exprimait à l'occasion du lancement de la deuxième phase - 2013-2017 - du Plan stratégique de développement économique et de réduction de la pauvreté (EDPRS II), qui vise une croissance économique moyenne annuelle de 11,5% sur ces cinq prochaines années.

"Nous visons une croissance à deux chiffres de 11,5% et une baisse de la pauvreté d'au moins 15 points, c'est à dire de 45% à moins de 30% au cours des cinq prochaines années", a déclaré M. Kagame.

La première phase de l'EDPRS (EDPRS I, 2008-2012), a "permis une réduction par un pourcentage à deux chiffres du nombre de personnes vivant dans la pauvreté sur cinq ans et une chute de 37 à 24% de ceux vivant dans l'extrême pauvreté sur la même période", a-t-il ajouté, soulignant que le Rwanda avait enregistré au cours de ces cinq ans une croissance économique annuelle moyenne de 8%.

En présentant l'EDPRS II en mars, le gouvernement rwandais avait indiqué souhaiter atteindre un PIB par habitant de 1.240 dollars d'ici 2020, contre 644 dollars en 2012.Le PIB par habitant au Rwanda était de 289 dollars en 2005 et a donc plus que doublé sur les huit années suivantes, selon les statistiques officielles.

"En dépit de ces progrès nous sommes encore loin de notre objectif qui est d'atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire à moyen terme et d'éradiquer la pauvreté à long terme", a estimé vendredi M. Kagame après avoir félicité son gouvernement et ses concitoyens pour le bilan de la première phase.

Il a souligné les difficultés rencontrées dans la mise en place de certains programmes: "il nous faut réduire le temps qui s'écoule entre la conception d'une idée et sa mise en place et diminuer le délai de passage d'une action à l'autre".

"Nous devons être prêts à doubler nos efforts en matière de productivité et prendre la responsabilité essentielle de notre propre développement", a-t-il également expliqué, "nous ne devons pas craindre d'être audacieux dans ce que nous devons faire, tant que c'est bon pour nous".

Autre note critique, M. Kagame a émis des "réserves" sur les résultats présentés, souvent spectaculaires, des "Imihigo", ces "contrats de performance" dans lesquels les autorités locales définissent des objectifs en fonction des besoins et priorités et des stratégies pour y parvenir.

"Si tout ce que nous faisons approche les 100% (de réussite), alors nous ne devrions pas avoir certains des problèmes que nous rencontrons tous les jours en terme de mise en oeuvre", a estimé le chef de l'Etat, annonçant un réexamen du processus d'évaluation des Imihigo.

"Nous devons être satisfaits de ce que nous faisons et de la façon dont nous le faisons mais nous devons aussi être réalistes; et être modeste ne fait pas de mal", a-t-il lancé à son gouvernement et aux responsables locaux.

Le président rwandais a appelé le secteur privé "à jouer un rôle plus actif" et à se saisir des "nouvelles opportunités économiques" qu'offre le Rwanda dans l'agriculture, le commerce, les secteurs manufacturier, minier et des services.

"Ces opportunités doivent être saisies et j'encourage le secteur privé à se fixer des objectifs aussi ambitieux, à accroître sa production et sa qualité, étendre ses marchés, améliorer continuellement les compétences de sa main-d'oeuvre et poursuivre l'amélioration de sa compétitivité", a lancé Paul Kagame.

Courant 2012, plusieurs pays ont gelé tout ou partie de leur aide financière ou militaire au Rwanda, après la publication d'un rapport d'experts de l'ONU accusant Kigali de soutenir la rébellion du M23 qui sévit dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en dépit des dénégations catégoriques des autorités rwandaises.

Certaines aides ont depuis été débloquées, au moins en partie.

Le budget du Rwanda dépend à 40% de l'aide étrangère et le pays a dû revoir son budget 2012-2013 à la suite de ces suspensions, qui laissaient craindre des conséquences sur la croissance rwandaise.