Le Rwandais hutu Callixte Mbarushimana clame son innocence devant la CPI

Par La rédaction

LA HAYE (AFP)

Callixte Mbarushimana, un haut dirigeant des rebelles hutu rwandais, soupçonné de crimes de guerre et contre l'humanité dans les Kivus (RDC), a clamé son innocence vendredi devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

"Je n'ai été en rien impliqué dans tout ce qui vient d'être dit", a déclaré M. Mbarushimana, à l'issue de la lecture des crimes dont il est soupçonné, lors d'une audience de comparution initiale.

"Je comprends les mots utilisés mais je ne comprends pas la base sur laquelle ces accusations sont portées contre moi", a souligné le secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), arrêté le 11 octobre 2010 à Paris.

Vêtu d'un costume noir et d'une chemise blanche, portant des lunettes et une barbe soigneusement taillée, M. Mbarushimana avait écouté auparavant, imperturbable, le greffier énoncer les cinq chefs de crimes contre l'humanité et les six chefs de crimes de guerre dont il est soupçonné.

Il s'agit notamment de meurtres, de viols et de tortures, de persécutions et d'attaques contre la population civile commis par les FDLR qu'il est soupçonné d'avoir "dirigés ou contribué à diriger".

Il est également soupçonné d'actes inhumains, constituant un crime de guerre et un crime contre l'humanité."Des femmes enceintes ont été éventrées et des foetus extraits de force", a lu le greffier.

Callixte Mbarushimana a ensuite pris la parole durant plusieurs minutes.Il a commencé par s'"incliner devant la mémoire de tous ceux et celles qui ont été victimes de la barbarie humaine ces dernières années en République démocratique du Congo".

"Toute ma vie, j'ai combattu l'injustice, la haine de l'autre et toutes les formes d'exploitation de l'être humain", a-t-il affirmé : "je condamne et je continuerai à condamner les attaques contre les populations civiles innocentes".

Il vivait à Paris depuis 2002 avec sa famille.Il a dénoncé la durée de sa détention provisoire en France, après son arrestation à Paris le 11 octobre 2010 en vertu d'un mandat d'arrêt de la CPI.

"J'ai été privé de liberté pendant plus de trois mois alors que j'avais signifié à cette cour ma volonté et ma disponibilité à me présenter librement devant elle", a souligné le secrétaire exécutif des FDLR, qui avait un emploi dans l'informatique.

Le président Cuno Tarfusser a annoncé qu'une audience de confirmation des charges se tiendrait le 4 juillet, préalable à la tenue d'un éventuel procès.

Callixte Mbarushimana avait été transféré mardi en avion aux Pays-Bas et écroué au quartier pénitentiaire de la Cour à Scheveningen, dans la banlieue de La Haye.

Il est par ailleurs mis en examen en France depuis le 21 décembre 2010 pour crimes contre l'humanité pour son rôle dans le génocide au Rwanda en 1994 au cours duquel environ 800.000 Tutsi et Hutu modérés ont été tués, selon l'ONU.