Le Soudan approuve son budget 2020 avec un déficit de 3,5%

Par AFP

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Le gouvernement de transition soudanais a annoncé dimanche soir l'approbation du budget pour 2020 qui prévoit un déficit de 3,5% du produit intérieur brut (PIB) pour ce pays plongé dans une grave crise économique et l'incertitude politique.

Il s'agit du premier budget approuvé par les autorités de transition, mises en place à la suite de négociations entre l'armée et les représentants d'un mouvement de contestation inédit qui a chassé du pouvoir le dictateur Omar el-Béchir en avril."La réunion conjointe a approuvé le budget 2020 avec des recettes qui représentent 27,3% du PIB et des dépenses qui représentent 30,8% du PIB, pour un déficit total de 3,5% du PIB", a déclaré le ministre des Finances et de l'Economie du gouvernement de transition, Ibrahim al-Badawi.Ce budget prévoit une légère augmentation du déficit établi par le budget 2019, soit 3,3% du PIB.Selon M. Badawi, "les dépenses de défense représentaient l'année dernière 9% du PIB et ont été réduites à 7% dans ce budget", et les dépenses de santé sont passées de 4% à 7% tandis que celles de l'éducation ont augmenté de 7 à 9%.L'économie soudanaise connaît une crise majeure, due en partie à un embargo économique imposé depuis 1997 par les Etats-Unis qui accusaient le régime d'Omar el-Béchir de soutenir les groupes terroristes.En 2017, Washington a levé cet embargo économique mais la décision n'a eu que peu de retombées sur le terrain, le Soudan figurant toujours sur la liste américaine des Etats qui parrainent le terrorisme.Le taux d'inflation annuel au Soudan s'élève à 60%, selon les chiffres officiels. La livre soudanaise, la monnaie locale, continue à perdre de la valeur par rapport au dollar américain et les réserves de devises étrangères sont quasi inexistantes.Le gouvernement du l'ex-président Béchir avait tablé sur une politique de subvention des prix du pain, des carburants et d'autres produits de première nécessité, générant d'énormes déficits budgétaires.La décision de l'Etat de tripler le prix du pain en décembre 2018 avait suscité des manifestations à travers le pays, qui se sont vite transformées en contestation du régime.