Le Soudan convoque l'ambassadeur de l'UE après une rencontre sur la liberté de presse

3 octobre 2018 à 17h41 par AFP

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Le Soudan a convoqué mercredi l'ambassadeur de l'Union européenne (UE) à Khartoum, lui reprochant d'avoir organisé une rencontre avec des journalistes qui appellent à une plus grande liberté de presse dans le pays.

Cette rencontre, qui s'est tenue mardi au siège de la représentation diplomatique de l'UE dans la capitale du Soudan, a réuni des diplomates européens et un chargé d'affaires américain, venus écouter les journalistes.Le ministère soudanais des Affaires étrangères a indiqué dans un communiqué s'être "plaint auprès de l'ambassadeur de l'UE que cette rencontre organisée par ses soins avait été tenue de façon à ce que seul un groupe particulier de journalistes avait été invité"."La façon dont cette rencontre s'est tenue est contre les usages diplomatiques et le ministère le dénonce", a-t-il ajouté.Dans un communiqué conjoint publié mardi, les ambassadeurs des pays de l'Union européenne et le chargé d'affaires des Etats-Unis Steven Koutsis ont indiqué que lors de cette rencontre, les journalistes avaient informé les diplomates des difficultés qu'ils rencontraient, ainsi que celles connues par leurs médias."De plus, l'importance de renforcer la liberté de presse et la liberté d'opinion et d'expression dans tous les médias, y compris ceux en ligne, a été soulignée par tous", ont-ils précisé."Des inquiétudes ont été exprimées concernant les contraintes pesant sur ces libertés au Soudan, particulièrement sur les saisies de journaux en cours", ont-ils affirmé.Les médias au Soudan sont régulièrement dans le collimateur des services de sécurité soudanais, notamment lorsqu'ils publient des articles critiques envers le pouvoir.Les services de sécurité n'hésitent pas à saisir l'ensemble du tirage d'un journal, si un article leur déplaît.Plusieurs journalistes ont aussi été arrêtés en janvier alors qu'ils couvraient des protestations contre la hausse des prix du pain.Le Soudan est classé à la 174e place sur 180 dans le classement 2018 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.