Le Sud-Soudan pourrait choisir de ne pas rejoindre la CPI

Par La rédaction

JUBA (Soudan) (AFP)

L'ex-président américain Jimmy Carter a déclaré jeudi qu'un Sud-Soudan indépendant pourrait choisir de ne pas adhérer à la Cour pénale internationale (CPI) afin de garder un contact direct avec le président Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

M. Carter, qui s'est entretenu avec M. Béchir la semaine dernière, a déclaré que plusieurs gouvernements africains ainsi que la Norvège continuaient de traiter directement avec le président soudanais en dépit de ce mandat d'arrêt pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour.

"C'est une question à laquelle il faudra répondre, (celle de savoir) si le Sud va adhérer à la CPI", a dit M. Carter avant de s'envoler pour Khartoum, après avoir observé le processus référendaire à Juba, capitale du Sud-Soudan.

"Ils (les Sudistes) pourraient juger que pour panser les plaies entre le Nord et le Sud, ce serait mieux pour eux de pouvoir traiter avec Béchir personnellement", a-t-il ajouté, en référence à la guerre civile Nord-Sud (1983-2005).

"Des décisions très difficiles vont devoir être prises sur l'assemblée constituante, l'élaboration d'une nouvelle constitution (...) et aussi sur ce qu'il faudra faire avec le président Béchir", a-t-il estimé.

M. Carter, qui a rencontré les leaders de l'opposition sud-soudanaise mercredi, a espéré que ces décisions ne seraient pas monopolisées par le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), les ex-rebelles à la tête du gouvernement du Sud-Soudan semi-autonome.

Les Sud-Soudanais participent en masse depuis le 9 janvier au référendum sur leur indépendance, qui devrait mener à la partition du plus vaste pays d'Afrique.

Les juges de la CPI avaient délivré le 12 juillet 2010 un mandat d'arrêt contre M. Béchir pour génocide au Darfour, après avoir lancé le 4 mars 2009 un premier mandat pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Le conflit au Darfour dans l'ouest du Soudan, qui a débuté en 2003, a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon l'ONU.Khartoum parle de 10.000 morts.