Le Tchad attend les résultats des élections législatives

Par La rédaction

N'DJAMENA (AFP)

Les Tchadiens attendaient lundi les résultats du scrutin législatif à un tour, qui s'est achevé dimanche plus tard que prévu, en souhaitant qu'il permette de mesurer le poids réel de l'opposition qui avait boycotté la présidentielle de 2006 dans ce pays marqué par de nombreux conflits.

En fin de matinée lundi, aucun chiffre n'avait été rendu public par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).Le président de la Céni, Yaya Mahamat Liguita a demandé aux membres régionaux de la commission de donner les résultats localement avant 20h lundi, mais il faudra du temps avant de les centraliser à N'Djamena.

Le vote s'est prolongé bien au delà de l'horaire prévu (17H locales, 16H GMT), les bureaux de votes ayant ouvert presque partout avec du retard.Selon le code électoral, la Céni doit donner les résultats provisoires "dans un délai n'excédant pas quinze jours".

Les principales formations politiques sont le Mouvement patriotique du Salut (MPS) du président Idriss Deby Itno, arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1990, la coalition de la Coordination pour la défense de la Constitution (qui regroupe une petite vingtaine de partis politiques se présentant individuellement ou par alliances) et la Fédération action pour la République (Far).

L'Assemblée nationale issue de ces élections comptera 188 sièges.Les dernières législatives remontent à 2002.L'Assemblée sortante était dominée par le MPS qui comptait 116 des 155 députés (leur nombre a été augmenté pour ce scrutin).Les sièges sont distribués à la proportionnelle locale, rendant très complexe toute prévision.

L'opposition avait boycotté le recensement électoral en 2005, le référendum constitutionnel de juin 2005 et la présidentielle de mai 2006, marquée par la réélection du président Deby qui a bénéficié à plusieurs reprises par le passé du soutien de la France.

L'opposition et la majorité ont signé le 13 août 2007 un accord en vue du renforcement du processus démocratique au Tchad dont ces élections, suivies le 3 avril par une présidentielle et par des élections locales en juin, sont l'un des aboutissements.

"La soif de s'exprimer a été contrariée sérieusement et même sévèrement par endroits par des problèmes d'organisation et des dysfonctionnements de la Céni", a déclaré Massalbaye Tenebaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme qui conduisait des observateurs nationaux.

"Ici c'étaient des cartes qui manquaient, là des listes qui ne s'étaient pas à l'endroit qu'il faut", a-t-il rapporté, notant par ailleurs "les tentatives d'immixtion des autorités publiques pour influencer le choix des électeurs.".

M. Massalbaye a toutefois nuancé ses propos, jugeant que "de manière globale, ça s'est passé assez bien".Selon lui, cette "pagaille par endroits (...) ne remet pas en cause la crédibilité du scrutin".

L'opposition, largement morcelée (plus de 100 partis politiques existent au Tchad, souvent localement) et qui ne dispose pas d'autant de visibilité que le MPS, a dénoncé des "ratés" dans l'organisation pendant la campagne.

Ministre de la Défense d'un gouvernement d'ouverture et chef de l'Union pour le renouveau et la démocratie (URD), le général Wadel Abdelkader Kamougué a jugé qu'il y avait eu "violation de l'accord du 13 août 2007" par des préfets qui "sont allés donner des consignes de vote à leur populations".

M. Kamougué, également candidat à la présidentielle, a aussi dénoncé "des problèmes de fausses cartes, des tentatives de bourrage" d'urnes.

Il a cependant jugé que les premiers retours étaient "bons" pour l'opposition.

Le porte-parole du MPS, Mahmat Hissène, s'est dit satisfait qu'il n'y ait "pas eu d'incidents", a relevé des "insuffisances" de la Céni, mais a déclaré attendre "sereinement" les résultats.