Le Togo en "état de déliquescence" selon l'opposant Gilchrist Olympio

Par La rédaction

LOME (AFP)

Le Togo est en "état de déliquescence avancée", a estimé jeudi l'opposant Gilchrist Olympio, qui a toutefois prôné un "changement dans la paix" lors d'un congrès de son parti, quelques mois après avoir scellé un accord avec le pouvoir, a constaté l'AFP.

"Après 40 ans de lutte et 50 ans d'indépendance, la situation de notre pays demande à tous un courage politique nouveau.Nous pouvons encore faire renaître le rêve qui est né au lendemain de l'indépendance", a-t-il déclaré devant ses partisans.

Le pays se trouve aujourd'hui dans un "état de déliquescence avancée: misère chronique, infrastructures vétustes ou inexistantes, éducation et santé publique à la dérive", a dénoncé M. Olympio.

Après s'être opposé pendant des décennies au général Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir de 1967 à 2005, puis à son fils, l'actuel président Faure Gnassingbé, M. Olympio a signé en mai un accord prévoyant l'entrée au gouvernement de membres de son parti Union des forces de changement (UFC).

Jugé "historique" par des observateurs, cet accord a été décrié par des membres de l'UFC, notamment son secrétaire général et candidat malheureux à la présidentielle de mars, Jean-Pierre Fabre et la formation est désormais scindée en deux.

Mardi, à l'issue d'un congrès de l'UFC convoqué par le camp de M. Fabre, le bureau national du parti a annoncé avoir destitué M. Olympio de la présidence.

Jeudi, devant des centaines de partisans réunis dans un grand hôtel de Lomé à l'occasion d'un autre congrès de l'UFC, convoqué cette fois-ci par M. Olympio, ce dernier a estimé qu'il fallait "savoir reconsidérer toutes les solutions nécessaires à faire avancer, même lentement, un changement dans la paix, car notre pays à genoux ne peut plus attendre".

Le gouvernement ne reconnaît pas la faction de l'UFC dirigée par M. Fabre et la gendarmerie avait fait usage mardi de gaz lacrymogènes pour empêcher la tenue de son congrès.La réunion s'était finalement déroulée dans un lieu secret.

Des dizaines de gendarmes avaient été déployés jeudi aux abords du congrès et contrôlaient l'identité des individus pénétrant un périmètre de sécurité autour du site.

L'objectif de ce congrès dit "extraordinaire" est de renouveler les instances dirigeantes de l'UFC.

Gilchrist Olympio a qualifié d'"illégal" le bureau national de l'UFC et invité ses partisans à une "rénovation en profondeur" du parti.

Jean-Pierre Fabre et ses partisans, dont notamment le premier vice-président de la formation, Patrick Lawson, dénoncent avec véhémence l'accord avec le Rassemblement du peuple togolais (RPT, au pouvoir).M. Fabre affirme ne pas avoir été consulté.

Gilchrist Olympio est le fils de Sylvanus Olympio, premier président du Togo indépendant, assassiné en 1963 lors d'un coup d'Etat auquel prit part le général Eyadéma.