Le Zimbabwe affirme que le Mozambique lui coupe le courant, démenti à Maputo

Par La rédaction

HARARE (AFP) - (AFP)

Le Zimbabwe a affirmé jeudi que le Mozambique lui avait coupé ses livraisons d'électricité, alors que plusieurs faubourgs de Harare sont privés de courant, ce qu'un dirigeant de la grande centrale mozambicaine de Cahora Bassa a démenti.

"Nous tenons à informer que nous n'avons pas coupé l'électricité au Zimbabwe", a déclaré à l'AFP Rosaque Guale, membre de la direction de la centrale hydroélectrique publique de Cahora Bassa, en évoquant "une désinformation".

Interrogé sur les coupures de courant dont souffrent plusieurs quartiers de Harare, le ministre zimbabwéen de l'Energie Elton Mangoma avait auparavant indiqué que la société gérant l'electricité produite sur le barrage de Cahora Bassa avait interrompu ses livraisons en raison des impayés accumulés par le Zimbabwe.

"Hydro Cahora Bassa a interrompu les livraisons au Zimbabwe jeudi ou vendredi dernier, en raison de l'argent que nous devons, qui se monte à environ 75 ou 76 millions de dollars", a déclaré M. Mangoma.

"Nous coupons maintenant le courant aux clients qui n'ont pas payé dans un effort pour recouvrer cet argent", a-t-il ajouté.

Le Zimbabwe peine à produire suffisamment de courant pour couvrir ses besoins.

Et le mois dernier, le ministre avait informé une commission parlementaire du risque de coupures lié aux difficultés de la compagnie nationale d'électricité, Zesa, qui croule sous une dette proche du milliard de dollars.

La Zesa aurait besoin de 2.200 megawatts en période de pointe, mais n'en produit elle-même que 1.300 MW, le reste étant importé.Hydro Cahora Bassa livre entre 100 à 185 MW.

Début février, le ministre avait aussi annoncé la pose de nouveaux compteurs pré-payés qui permettent de collecter l'argent auprès des consommateurs avant de fournir l'électricité, dont le tarif a augmenté de 31% en septembre dernier.

Les consommateurs locaux, y compris des élus et des ministres, doivent 400 millions de dollars d'arriérés à la Zesa, avait indiqué le ministre Mangoma.

Le Zimbabwe est actuellement dans une situation financière très délicate.

La vente des diamants des très controversés des champs d'extraction de Marange (est) s'avère notamment moins rémunératrice que prévue pour l'Etat, selon le ministère des Finances.