Le Zimbabwe autorisé à vendre les diamants de Marange

1er novembre 2011 à 18h56 par La rédaction

KINSHASA (AFP) - (AFP)

Une plénière du Processus de Kimberley a autorisé avec "effet immédiat" mardi à Kinshasa les exportations de diamants de deux sites miniers de Marange au Zimbabwe, qui étaient suspendues à la suite de graves violations des droits humains commises sur ces sites en 2008.

La décision du système de certification internationale, qui vise la non commercialisation des diamants dont la vente finance des guerres, concerne les "mines conformes de Marange Resources et Mbada", indique une proposition de la présidence du Processus, actuellement confiée à la RDC, signée par une délégation européenne et le ministre zimbabwéen des Mines et du Développement minéral, Obert Mpofu, dont l'AFP a obtenu copie.

Considérées comme les plus riches découvertes en Afrique depuis des décennies, les mines de Marange ont été envahies en 2008 par l'armée zimbabwéenne, qui a expulsé des milliers de mineurs, avant de forcer des civils à les remplacer.

Selon des groupes de défense des droits de l'homme, environ 200 personnes y ont été tuées, et d'autres battues ou violées, poussant les experts du Processus de Kimberley à suspendre les autorisations de ventes de diamants de Marange.

En mars, la RDC avait unilatéralement permis au Zimbabwe -dont les liens avec la RDC sont étroits- de reprendre la commercialisation, avant de se raviser face à la contestation des autres membres du Processus.

Selon le nouvel accord, valide jusque la plénière de 2012, "les exportations des autres opérations minières des champs diamantifères de Marange peuvent avoir lieu moyennant une vérification de conformité" d'une équipe du processus de Kimberley.

Le Zimbabwe devra par ailleurs rendre compte de "l'identification des investisseurs, la réglementation des mines artisanales, la lutte contre le creusage illicite et le trafic illégal", selon le document.

Dans un communiqué, le président du Conseil mondial du diamant, Eli Izhakoff, a salué cet accord en espérant qu'il permette au processus de Kimberley et à l'industrie