Législatives à Maurice: l'opposition rafle 75% des sièges (résultats définitifs)

12 décembre 2014 à 11h04 par La rédaction


Port-Louis (�?le Maurice) (AFP)

La coalition d'opposition de l'ancien président Anerood Jugnauth a signé une écrasante victoire aux législatives de mercredi à Maurice en remportant près des trois quarts des sièges à l'Assemblée nationale, selon les résultats officiels définitifs.

L'Alliance Lepep (Le Peuple), qui regroupe le Mouvement socialiste mauricien (MSM) de M. Jugnauth, le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) et le Muvman Liberateur (ML), rafle 47 des 62 sièges de l'Assemblée nationale mis au vote dans l'archipel, démocratie stable depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968.

En face la coalition entre le Parti travailliste (PTr) du Premier ministre sortant Navin Chandra Ramgoolam et le Mouvement militaire mauricien (MMM) de l'ancien chef du gouvernement Paul Bérenger ne récupère que 13 sièges.

Les deux derniers sièges - de la circonscription de l'île Rodrigues, à quelque 600 km à l'est de l'île Maurice - vont à l'Organisation du Peuple rodriguais (OPR), une petite formation locale.

Huit sièges supplémentaires seront répartis par la Commission électorale parmi les candidats non-élus ayant réalisé les moins mauvais scores, suivant un système complexe destiné à équilibrer la représentation des partis et communautés de Maurice.

Ses 1,3 million d'habitants forment une mosaïque de peuples, de cultures et de langues reflétant l'histoire du peuplement de l'archipel, marqué par les arrivées successives des explorateurs portugais et hollandais, des colons français et britanniques, des esclaves amenés d'Afrique et des travailleurs venus d'Inde et de Chine.

 

- 'Pas un vote d'adhésion' -

 

Ancien président de la République entre 2003 et 2012, M. Jugnauth, 84 ans, a annoncé dès jeudi soir qu'il serait le prochain Premier ministre de Maurice, poste qu'il a déjà occupé entre 1982 et 1995, puis entre 2000 et 2003.

M. Ramgoolam, battu jusque dans sa propre circonscription où il perd le siège de député qu'il occupait depuis plus de 20 ans, a reconnu sa défaite jeudi, avant même la publication des résultats définitifs, et annoncé qu'il allait remettre sa démission au chef de l'Etat.

Cette démission était attendue vendredi ou samedi.

"Cette élection est un vote sanction contre Ramgoolam et pas un vote d'adhésion à l'Alliance Lepep", a estimé Paul Bérenger qui était le chef de l'opposition à M. Ramgoolam jusqu'à la conclusion, en septembre, d'un accord entre son parti et celui du Premier ministre sortant.

Selon les résultats officiels, l'Alliance Lepep l'emporte dans 17 des 20 circonscriptions de l'île Maurice et rafle la totalité des trois sièges en lice dans onze d'entre elles.Le MSM rafle à lui seul 33 sièges (contre 9 dans l'Assemblée sortante) et ses alliés du PMSD et du ML sept chacun dans la nouvelle Assemblée.

La coalition PTr-MMM perd elle plusieurs de ses fiefs.Le PTr de M. Ramgoolam paie très cher la déroute ne sauvant que 4 des 33 sièges qu'il détenait dans l'Assemblée sortante.Le MMM passe lui de 20 députés à neuf dans le nouvel hémicycle.

PTr et MMM, qui se disaient sûrs de l'emporter, avaient fait campagne autour de la "Seconde République", un projet de révision constitutionnelle prévoyant l'élection du président de la République au suffrage universel direct et le renforcement de ses pouvoirs, aujourd'hui essentiellement honorifiques.

Ce projet été âprement combattu par l'Alliance Lepep, dont la victoire sonne le glas de la réforme.

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