Les Bissau-Guinéens "ont honte d'être considérés incapables"

Par La rédaction

BISSAU (AFP)

Le président bissau-guinéen Malam Bacaï Sanha a déclaré jeudi que les Bissau-Guinéens avaient "honte d'être considérés comme des gens incapables", à l'ouverture d'une conférence nationale de réconciliation sensée remédier à l'instabilité chronique du pays.

"Nous ne sommes pas des animaux mais des êtres humains qui savent ce qu'ils veulent, des hommes qui savent bâtir un pays stable et de paix.Nous avons honte d'être considérés comme des gens incapables de trouver des solutions aux problèmes de leur pays", a déclaré Malam Bacaï Sanha.

Cette conférence, qui réunit le gouvernement, l'armée, la société civile, les partis politiques et le corps diplomatique, va réfléchir sur "les voies pour l'édification de la paix et du développement" de la Guinée-Bissau.

"Ce qui nous réunit ici, c'est la précarité de la situation où se trouve notre pays", a dit le Premier ministre Carlos Gomes Junior dans un discours.

"Il n'y a pas de contradiction profonde entre les Bissau-Guinéens mais plutôt un manque de dialogue.Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes si nous ne nous parlons pas", a indiqué à l'AFP Serifo Nhamadjo, vice-président de l'Assemblée nationale et coordonnateur de la conférence.

"Cette conférence est un moyen de trouver des voies d'une réconciliation nationale pérenne", a-t-il indiqué.

Les travaux, d'une durée de six mois, vont se poursuivre à l'intérieur du pays et dans la diaspora bissau-guinéenne, avec des sous-commissions qui vont recueillir les avis.

La conférence s'ouvre alors que le président nigérian Goddluck Jonathan a annoncé jeudi la tenue en septembre d'une réunion d'urgence de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour examiner la demande de la Guinée-Bissau d'une mission de stabilisation étrangère.

Le gouvernement de Guinée-Bissau en a accepté début août la présence dans le pays.

La mission aura pour but de "décourager les coups d'Etat et d'appuyer les réformes au sein de l'armée et des forces de sécurité", et lutter contre le trafic de drogue, avait indiqué le 12 août une source proche de la représentation de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) à Bissau.

Le général Antonio Indjai, chef de l'armée bissau-guinéenne désigné à la suite d'une mutinerie en avril, a déclaré le 4 août que "l'armée n'est pas d'accord pour l'arrivée d'une mission de stabilisation", mais qu'elle "obéira" si le gouvernement la réclame.

La Guinée-Bissau, pauvre et petit pays lusophone d'Afrique de l'Ouest, est plongée depuis son indépendance en 1974 dans une instabilité politique et militaire chronique.