Les corps des deux Français tués au Niger ramenés en France, doivent être autopsiés

Par La rédaction

AEROPORT DE ROISSY (AFP)

Les corps de deux Français tués samedi au lendemain de leur enlèvement  au Niger ont été rapatriés mercredi à Paris où ils devaient être autopsiés, des zones d'ombre subsistant sur les circonstances de leur mort. 

Les cercueils de Vincent Delory et Antoine De Léocour, deux amis âgés de 25 ans originaires du Nord, sont arrivés vers 06H00 à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle sur un vol Air France en provenance de Niamey.Les dépouilles ont été acheminées trois heures plus tard vers l'Institut médico-légal de Paris afin d'y être autopsiées.

Cinq proches des deux jeunes hommes étaient à bord de l'appareil, dont la fiançée nigérienne d'Antoine De Léocour et des membres de sa famille, a-t-on appris de source aéroportuaire. Les familles avaient été accueillies à Roissy par le ministre chargé de la Coopération Henri de Raincourt.Une bénédiction des corps et une cérémonie de recueillement se sont tenues au pavillon de réception de l'aéroport dans la plus stricte intimité, à l'écart de la presse.

Les proches des deux Français tués ont demandé aux médias de respecter "leur deuil et leur douleur" pendant quelques jours.

Les deux jeunes hommes ont été enlevés vendredi soir dans un restaurant du centre de Niamey et retrouvés morts le lendemain après un assaut des forces françaises en territoire malien contre les ravisseurs.

La France et le Mali ont accusé Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) d'être derrière le rapt -toujours non revendiqué-, commandité par Mokhtar Belmokhtar, un émir de cette mouvance, selon des sources maliennes et nigériennes.

Les deux otages ont été "exécutés" par leurs ravisseurs, a affirmé mardi le ministre français de la Défense Alain Juppé, selon qui l'un des Français a été tué d'une balle dans la tête.

 Selon une source médicale qui a pu voir les corps, les deux hommes "avaient été attachés, les mains dans le dos, et ils avaient des traces noires sur le corps".Une source proche de la présidence nigérienne avait auparavant assuré à l'AFP que "les corps étaient calcinés", tandis que des sources policières françaises ont assuré que "le corps de l'un des deux otages français était complètement calciné".

Des zones d'ombre continuaient d'entourer les circonstances de la mort des otages - tués avant ou pendant le raid, sur le lieu de l'attaque ou ailleurs?- comme celles de l'intervention militaire française qui s'est soldée par la mort de trois gendarmes nigériens et de quatre ravisseurs.

En visite à Niamey lundi, M. Juppé avait réfuté toute "bavure" française.

Après l'assaut, ont été retrouvés morts, avec les otages, "des terroristes et des personnes portant uniforme de la gendarmerie nigérienne"."A l'enquête d'établir quelle était la raison de leur présence dans les véhicules que nous avons arrêtés", a ajouté le ministre, sans en dire davantage.

Les deux victimes françaises étaient originaires de Linselles (Nord).Antoine De Léocour allait se marier avec une Nigérienne et Vincent Delory devait être son témoin.

Les deux familles, reçues mardi par Nicolas Sarkozy, se sont dites touchées par l'écoute du président de la République. Elles devraient participer dimanche à Linselles à une marche silencieuse organisée par les amis de Vincent et Antoine.Des funérailles communes seront organisées la semaine prochaine à une date et dans un lieu qui restent à déterminer.