Les dirigeants ouest-africains s'inquiètent de l'insécurité dans le Sahel

Par La rédaction

ABUJA (AFP) - (AFP)

Des responsables de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se sont inquiétés jeudi, lors d'un sommet à Abuja, de l'insécurité dans le Sahel, avec notamment l'afflux d'armes issues du conflit libyen.

"Nous sommes les témoins de nombreuses crises dans plusieurs parties de la sous-région", a indiqué dans son discours d'ouverture le chef d'Etat nigérian et président sortant de la Cédéao, Goodluck Jonathan.

"En raison de la crise dans la région du Sahel, nous constatons un afflux d'armes légères et, bien sûr, certains pays font face à différentes formes de menaces, notamment le Nigeria", confronté aux attaques du groupe islamiste Boko Haram, a-t-il ajouté.

Plusieurs dossiers sont à l'ordre du jour, notamment "la résurgence de la rébellion et du banditisme au Mali et dans d'autres Etats du Sahel, en raison de facteurs historiques non résolus et alimentés par la récente crise en Libye", a souligné le président sortant de la Commission de la Cédéao, James Victor Gbeho.

Ce sommet intervient alors que la situation sécuritaire se dégrade rapidement au Sahel.Le Niger, le Mali, la Mauritanie et l'Algérie font face à la menace de la branche maghrébine d'Al-Qaïda (Aqmi) et d'autres groupes criminels, ainsi qu'à l'afflux d'armes, dont de l'armement lourd, issus du conflit libyen.

Depuis mi-janvier, le Mali est en outre confronté à une offensive d'une nouvelle rébellion touareg.

Les violences ont provoqué un exode à l'intérieur du pays mais aussi vers d'autres Etats.Le Niger et le Burkina Faso, membres de la Cédéao, ont ainsi vu arriver des milliers de réfugiés maliens, tout comme la Mauritanie, qui n'en fait pas partie.

Une situation préoccupante, d'autant que quelque 12 millions de personnes dans les pays sahéliens sont actuellement menacées par la famine.

Lors de ce sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement des 15 pays membres vont élire un successeur au président nigérian, dont le mandat à la tête de la Cédéao arrive à expiration.

Nouveau président de la Cédéao

"A mon avis, c'est réglé", le président ivoirien Alassane Ouattara sera élu président de la Cédéao, a déclaré à l'AFP un diplomate africain ayant requis l'anonymat.

D'après le programme du sommet, l'élection du nouveau président de la Cédéao, pour une durée d'un an renouvelable, aura lieu vendredi.

Les participants devraient aussi se pencher sur "la piraterie dans le Golfe de Guinée", en hausse, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'organisation, Sunny Ugoh.

Selon le Bureau maritime international (BMI), trois attaques ont eu lieu en quelques jours dont une qui s'est soldée, lundi, par la mort du capitaine et de l'ingénieur en chef d'un navire au large de la capitale économique nigériane Lagos.

Les participants au sommet doivent aussi s'accorder sur le pays dont proviendra le prochain président de la Commission de la Cédéao, une fonction actuellement occupée par le Ghanéen James Victor Gbeho.

"Cela se jouait entre le Bénin et le Burkina Faso (...).Le Bénin a maintenant la présidence de l'UA (Union africaine), donc normalement c'est le Burkina", a déclaré à l'AFP un diplomate africain ayant requis l'anonymat.

Huit chefs d'Etat sont présents à Abuja pour le sommet, selon la même source.

Il s'agit de Thomas Boni Yayi (Bénin), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), Raimundo Pereira (président par intérim de la Guinée Bissau), Ellen Johnson Sirleaf (Liberia), Mahamadou Issoufou (Niger), Goodluck Jonathan (Nigeria) et Ernest Koroma (Sierra Leone).

Le président sortant de la Commission de l'UA, Jean Ping, et Saïd Djinnit, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest sont également présents.