Les Nigérians élisent leurs députés après un attentat contre un bureau de vote

9 avril 2011 à 10h16 par La rédaction

LAGOS (AFP)

Les Nigérians votaient samedi à l'occasion de législatives reportées deux fois et déjà entachées par l'explosion meurtrière d'une bombe vendredi dans un bureau de vote, au début d'un marathon électoral avant la présidentielle le 16 avril.

Les bureaux de vote ont ouvert dans certaines régions à l'heure prévue à 08H00 locales (07H00 GMT) mais dans d'autres, le scrutin n'avait pas commencé, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ces élections qui se déroulent dans la quasi-totalité des circonscriptions du pays, avaient été reportées samedi dernier au 4 avril puis au 9 avril, en raison de l'absence de matériel électoral et de personnel dans un grand nombre de bureaux de vote.La présidentielle a été également reportée d'une semaine, au 16 avril.

"Je pense qu'aujourd'hui, ce sera différent.(La Commission électorale) est prête", a déclaré Fatai Awofolaju, un responsable des élections à Lagos.

A Lagos, la capitale économique, à Abuja, la capitale administrative et à Kano (nord), deuxième ville du pays, les bureaux ont ouvert à 8H00 ou peu après.Dans l'Etat de Bayelsa d'où est originaire le président Goodluck Jonathan, ils ont ouvert avec 90 minutes de retard.

Ce scrutin qui devrait permettre de tester la capacité du pays le plus peuplé d'Afrique avec 160 millions d'habitants à organiser des élections libres, ont déjà été perturbées par l'explosion d'une bombe vendredi à Suleija, à quelque 45 km d'Abuja (centre), dans un bureau de vote qui préparait les élections.

Le bilan initial de 8 morts et 26 blessés s'est alourdi samedi à 11 tués et et 38 blessés.L'attentat n'a pas été revendiqué.Le vote dans cette circonscription a été reporté.

Des hommes armés ont aussi attaqué vendredi à Shani, dans l'Etat de Borno dans le nord-est du pays, un poste de police où des agents électoraux étaient en charge de la surveillance du matériel électoral, tuant quatre personnes.

Les précédents scrutins au Nigeria ont été émaillés de fraudes et de violences.L'ONG Human Rights Watch a comptabilisé déjà 85 morts dans des violences pré-électorales depuis novembre 2010.

Le président Goodluck Jonathan, candidat à la présidentielle, a dénoncé un "attentat à la bombe haineux" à Suleija et ordonné le renforcement de la sécurité dans les locaux de la Commission électorale à travers le pays.

Les frontières ont été fermées, des restrictions à la circulation des véhicules ont été imposées et des soldats patrouillaient dans les points stratégiques.

L'impact de l'attentat à la bombe était difficile à mesurer."Quelle bombe ? Nous n'avons pas de problème ici", commentait samedi Bode Oshowole, un imprimeur de 61 ans, dans un bureau de vote à Lagos.

"Ils essaient de nous faire peur mais ça ne prend pas", a réagi le responsable d'un autre bureau de vote."Le Nigeria ne peut être transformé en un nouvel Afghanistan ou Irak", a déclaré Nnamdi Ekweogu.

Dans un peu plus de 10% des circonscriptions où les bulletins de vote n'ont pas pu être imprimés à temps, les législatives se dérouleront le 26 avril, date des élections des gouverneurs et des assemblées des 36 Etats de la fédération.Ce report concerne 15 circonscriptions sénatoriales sur 109, et 48 circonscriptions sur les 360 qui élisent des députés à la Chambre des représentants.

"Plusieurs pays en Afrique ont pu tenir avec succès des élections, et si nous n'y parvenons pas, nous ne pourrons ni prétendre à un rôle de leader ni rappeler à l'ordre quiconque en cas de manquement", a déclaré jeudi le président Jonathan à une délégation du National Democratic Institute (NDI), basé à Washington, qui soutient les institutions et les pratiques démocratiques à travers le monde.

L'ONG a envoyé au Nigeria plus de 50 observateurs de plus de 23 pays, qui collaborent avec 1.700 observateurs nigérians.