Les sans-papiers en grève de la faim à Bruxelles suspendent leur mouvement (comité de soutien)

21 juillet 2021 à 15h37 par AFP

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La grève de la faim observée depuis deux mois à Bruxelles par quelque 450 sans-papiers exigeant un titre de séjour avec accès au marché du travail est "provisoirement suspendue", a annoncé mercredi leur comité de soutien, saluant "une main tendue" par le gouvernement.


Il leur a été proposé de faire valoir des "circonstances exceptionnelles" (ancrage long en Belgique, vulnérabilité etc) ou, pour un plus petit nombre, "la possibilité d'une protection internationale", explique le comité. Le Premier ministre belge Alexander De Croo a réagi immédiatement en estimant que "mettre fin à la grève de la faim est la seule bonne décision". "Un gouvernement ne peut jamais accepter le chantage", a ajouté le dirigeant libéral flamand dans un communiqué distinct."Espérons que des dommages physiques permanents ont pu et pourront être évités", a aussi souligné M. De Croo, jugeant que "si des séquelles physiques subsistent, tous ceux qui ont encouragé les grévistes de la faim ces dernières semaines, leur ont donné de faux espoirs ou leur ont fourni des informations non objectives, en porteront la responsabilité".Cette grève de la faim entamée le 23 mai sur trois sites bruxellois occupés par les sans-papiers mettait sous pression le gouvernement belge, une fragile coalition de sept partis associant notamment libéraux, socialistes et écologistes.Le week-end dernier, les chefs du PS francophone et d'Ecolo-Groen avaient dit publiquement redouter "un drame imminent", interpellant le Premier ministre pour lui demandant de décharger du dossier le secrétaire d'Etat à la Migration Sammy Mahdi. Deux experts de l'ONU se sont également émus de la dégradation de l'état de santé de certains grévistes, notamment parmi les quelque 250 hébergés dans une église bruxelloise. L'un d'eux, Olivier De Schutter, a jugé urgent de délivrer des titres de séjour temporaire.Selon l'organisation Médecins du monde (MDM) Belgique, une des ONG intervenant auprès des grévistes, quelque 300 d'entre eux avaient même entamé le 16 juillet une "grève de la soif".Ces étrangers en situation irrégulière sont principalement des Marocains et des Algériens. Pour négocier les titres de séjour, le comité de soutien a mis en avant des années de séjour en Belgique dans des secteurs en manque de main d'oeuvre comme le bâtiment, la restauration ou le nettoyage.