Les Sud-Soudanais d'Egypte veulent rentrer chez eux, malgré les incertitudes

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP)

Devant un bureau de vote du Caire, les électeurs Sud-Soudanais de la diaspora sont unanimes: tous veulent rentrer au pays une fois l'indépendance acquise, même s'il faut se contenter dans un premier temps de petits boulots.

Les Sud-Soudanais habitant au Soudan ou à l'étranger sont appelés à se prononcer sur le maintien de l'unité avec le reste du Soudan ou la séparation, dans le cadre d'un référendum prévu par l'accord de paix ayant mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre.

Les résultats, attendus dans la première moitié de février, devraient consacrer le triomphe de l'option sécessionniste.

Les Sud-Soudanais résidant en Egypte se sont rendus avec enthousiasme dans les centres de vote ouverts pour une semaine, depuis dimanche dernier.Le début du vote a donné lieu à de véritables scènes de liesse.

Edward Gildo, ancien joueur de l'équipe de football soudanaise, assure que "même si c'est pour y faire des ménages, je serai heureux de rentrer au Sud-Soudan car je serai là-bas chez moi!"

"Dès que j'y retourne, je crée une équipe de foot sud-soudanaise", assure-t-il.

Selon Mary Isaac, représentante de la Commission pour le référendum sur le Sud-Soudan, "la plupart des Sud-Soudanais qui vivent ici rentreront au Sud-Soudan".

"Je ne pense pas qu'ils y trouveront le même genre de métiers qu'en Egypte, mais il y aura du travail, ils commencent à construire un nouveau pays", ajoute-t-elle.

Environ 7.000 Sud-Soudanais vivent en Egypte, et 3.349 se sont inscrits sur les listes électorales, selon Mme Isaac.

La présence de nombreuses personnes non-déclarées rend toutefois les évaluations difficiles.

Les Sud-Soudanais seraient ainsi entre 20.000 et 25.000 en Egypte, selon Pasquale Lupoli, représentant au Caire de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Arek Lual, Sud-Soudanaise de 23 ans, s'apprête à aller voter.Elle est catégorique : "Je n'ai pas de travail ici.Je suis pour l'indépendance et dès qu'elle sera déclarée, je rentre au pays.Je n'ai pas peur, je rentrerai et je verrai."

Pour Abuk Deng Mywen, 36 ans, une femme de ménage qui vote aussi pour l'indépendance, ce n'est pas si simple.Elle est arrivée il y a huit ans en Egypte après avoir quitté le Soudan pour des raisons économiques."Je veux rentrer, mais j'ai peur, je vais attendre de voir comment cela se passe au début, et puis je rentrerai."

"Je ne sais pas s'il y aura du travail pour tout le monde, mais je pourrai toujours trouver quelque chose, travailler aux champs" ajoute-t-elle.

La perspective de l'indépendance s'est renforcée avec l'annonce jeudi que le taux de participation requis de 60% avait été déjà été atteint, voire dépassé, trois jours avant la fermeture des urnes.

Environ quatre millions d'électeurs sont inscrits sur les listes pour ce scrutin qui se déroule du 9 au 15 janvier.