Les troubles liés aux rebelles touareg au Mali depuis début 2012

Par La rédaction

BAMAKO (AFP) - (AFP)

Le Mali, théâtre dans les années 1990 d'une rébellion touareg avant de connaître une résurgence de cette rébellion de 2006 à 2009, est confronté depuis mi-janvier à des attaques du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles touareg, dont des hommes armés ayant combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi en Libye.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a également des bases dans le Nord et a été accusé de participer avec Ansar Dine, groupe islamiste touareg, à des actions aux côtés du MNLA.

--JANVIER 2012--

- 17-18: Des rebelles touareg attaquent Ménaka, Aguelhok et Tessalit (nord-est).Les combats entre rebelles et armée font 47 morts, dont 45 rebelles (Défense).Premières actions de ce type depuis un accord ayant mis fin à la rébellion en 2009.Le 20, l'armée annonce avoir repris le contrôle des villes.

Les assauts ont été menés par des hommes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et d'autres rebelles, dont des hommes lourdement armés rentrés de Libye où ils avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi, aujourd'hui déchu.

- 24: Le gouvernement affirme que des membres d'Aqmi et des rebelles touareg ont attaqué ensemble Aguelhok.C'est la première fois qu'il est officiellement fait état d'une connexion entre Aqmi et le MNLA, mouvement politico-militaire né fin 2011 de la fusion de groupes rebelles touareg.

--FEVRIER--

- 1er: Les rebelles touareg entrent dans Ménaka après le départ d'un détachement de l'armée (sources concordantes).

- 2: Mini-réaménagement du gouvernement, avec la permutation des ministres de la Défense et de la Sécurité.

- 8: La rébellion touareg affirme avoir pris Tinzawaten (nord-est), frontalière avec l'Algérie.Le 9, des hélicoptères de l'armée effectuent des frappes entre Kidal et Abéibara.

- 24: Le MNLA dément tout lien avec Aqmi.

- 26: Le ministre français des Affaires étrangères réaffirme à Bamako que la France est attachée "à l'unité et à l'intégrité territoriale du Mali", appelant au dialogue avec les rebelles.

--MARS--

- 11: Les rebelles prennent un camp militaire à Tessalit.

- 15: Le président Touré accuse le MNLA de "crimes de guerres" à Aguelhok et confirme que "l'implication d'Aqmi est importante dans ce conflit, tout comme celle du groupe Ansar Dine".

- 20: Le mouvement islamiste armé touareg Ansar Dine, créé par une figure des rébellions touareg des années 1990, Iyad Ag Ghali, affirme contrôler Tinzawaten, Tessalit, Aguelhok.

- 22: Des soldats dirigés par le capitaine Amadou Sanogo annoncent avoir renversé le régime du président Touré, après plusieurs heures d'affrontements avec des loyalistes à Bamako, l'accusant d'incompétence dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes.Le 23, la rébellion annonce qu'elle poursuivra "son offensive" dans le Nord.

- 25: Le chef d'une milice combattant aux côtés de l'armée dans le Nord et huit de ses compagnons tués par des rebelles touareg dans la région de Gao (sources concordantes).

- 30: Rebelles touareg et groupes islamistes armés s'emparent de la ville stratégique de Kidal (témoins).Le MNLA et Ansar Dine, dont le chef est natif de Kidal, prenaient la ville en étau depuis plusieurs jours.

La junte juge la situation "critique" et appelle à un "soutien" extérieur.

Selon l'ONU, plus de 200.000 personnes ont fui les combats depuis mi-janvier dans le Nord.