Liberia: aucune manifestation avant fin janvier, assure le gouvernement

Par AFP

AFRICA RADIO

Le gouvernement du Liberia a assuré samedi qu'aucune manifestation n'aura lieu avant fin janvier, alors que l'opposition maintient son appel à se rassembler lundi pour réclamer au président George Weah des mesures pour endiguer la grave crise économique que traverse le pays.

Dans un communiqué, le ministère de la Justice explique avoir reçu de nombreuses demandes d'autorisation de manifester lundi, émanant notamment du Conseil des Patriotes, un collectif d'opposants, mais aussi de groupes souhaitant organiser des contre-manifestations."Le ministère a décidé de reporter sa décision" concernant ces demandes "jusqu'au 30 janvier", soit une semaine après le deuxième anniversaire de l'arrivée au pouvoir de l'ancien footballeur star, a indiqué le ministère de la Justice dans un communiqué."Il n'y aura pas de rassemblement pacifique, de (mouvement) de protestation, de contre-protestation ou de manifestation jusqu'à ce qu'une décision soit prise le 30 janvier 2020", selon le communiqué.Interrogé avant l'annonce du gouvernement, le chef du Conseil des Patriotes, Henry Costa, avait assuré que la manifestation prévue lundi aurait bien lieu."Nous aurons notre rassemblement pacifique le 30 décembre" sur la colline du Capitole, où se trouvent la plupart des institutions de l'Etat. "Nous dormirons-là. Personne ne doit vous laisser croire qu'il n'y aura pas de mouvement de protestation", a déclaré à l'AFP M. Costa.Un responsable d'un mouvement dissident qui comptait organiser une contre-manifestation, le Conseil Indépendant des Patriotes (Icop), opposé aux appels à la démission de George Weah, a quant à lui assuré par avance que son groupe se plierait aux demandes des autorités ou de la communauté internationale. "Nous obéirons", a dit son chef, Rufus Neufville, lors d'une conférence de presse samedi.Les Nations unies et la Cédéao ont exhorté vendredi le gouvernement et l'opposition à redoubler d'efforts dans leurs pourparlers pour éviter que se tienne lundi cette manifestation jugée à risque, dans un pays affligé par la pauvreté, la dévaluation de sa monnaie et l'inflation, et cherchant toujours à panser les plaies d'une guerre civile destructrice.