Liberia: le ton incendiaire d'un animateur radio inquiète la communauté internationale

Par AFP

AFRICA RADIO

La communauté internationale s'est inquiétée vendredi de la prolifération des "provocations" dans les médias et sur les réseaux sociaux au Liberia, où un célèbre présentateur radio s'en prend avec virulence au président George Weah, dans un pays hanté par une guerre civile (1989-2003) qui a fait quelque 250.000 morts.

Les Nations unies, l'Union africaine et la Cédéao ont publié cette mise en garde après qu'un présentateur radio vedette, Henry Costa, a à plusieurs reprises fustigé le chef de l'Etat dans ses émissions. "Je vais recruter quelques anciens rebelles qui me sont loyaux et je leur achèterai des armes (...) C'est comme ça que les gouvernement tombent", a notamment déclaré l'animateur.Sans citer M. Costa, les trois institutions "condamnent les messages sur les médias qui menacent la paix et la stabilité du Liberia", relevant qu'ils se sont "intensifiés au cours des derniers jours et semaines".Les trois organisations internationales se disent "encouragées" par l'adoption par les deux chambres du Parlement d'une nouvelle loi sur la liberté de la presse, en attente de promulgation par le chef de l'Etat, mais soulignent que la liberté d'expression "doit s'exercer de manière responsable".Dans un même ordre d'idée, l'association des journalistes libériens en Amérique (ALJA) estime que "les commentaires parfois incendiaires et insultants de M. Costa à l'égard du président peuvent être contreproductifs et créer un environnement hostile inutile".De son côté, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), organisation basée aux États-Unis, a appelé les autorités libériennes à enquêter au sujet de deux attaques ayant selon M. Costa visé sa radio, Roots FM. Selon lui, des hommes armés se sont introduits dans ses locaux le 31 janvier et le 11 mars et coupé des câbles ou volé du matériel de transmission, l'obligeant à interrompre temporairement ses programmes.Ancienne star du PSG et du Milan AC, George Weah est devenu le président de ce pays pauvre d'Afrique de l'Ouest en janvier 2018. Quatre de ses anciens adversaires ont renouvelé jeudi leur alliance, forgée entre les deux tours de l'élection présidentielle, promettant d'unir leurs forces pour vaincre le parti de M. Weah aux sénatoriales de 2020 et à la présidentielle de 2023.