Libye: HRW veut une "enquête rapide" après l'assassinat d'une avocate

11 novembre 2020 à 17h41 par AFP

AFRICA RADIO

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a exhorté mercredi les autorités libyennes à "enquêter rapidement" sur l'assassinat de l'avocate engagée Hanane al-Barassi, le maréchal Haftar condamnant de son côté "avec la plus grande fermeté" cette "attaque" qui a suscité l'indignation.

"Les autorités de l'est de la Libye devraient enquêter rapidement sur le meurtre d'une avocate apparemment pour des raisons politiques", a déclaré HRW dans un communiqué, au lendemain de l'assassinat de l'avocate libyenne et militante des droits humains, abattue en plein jour à Benghazi (est). "Ce meurtre brutal ressemble à une exécution de sang-froid", a dénoncé Hanan Salah, chercheuse à HRW pour la Libye, citée dans le communiqué."Les groupes armés à Benghazi semblent penser qu'ils sont invincibles (...), les autorités doivent leur prouver qu'elles ont tort", a-t-elle estimé. Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen a lui aussi condamné "avec les termes les plus fermes l'attaque qui a coûté la vie à Hanane al-Barassi", présentant ses condoléances aux proches de la défunte, selon un communiqué publié mercredi par son porte-parole.D'après la même source, le maréchal a souligné au cours d'une réunion "la nécessité d'intensifier les efforts pour appréhender les auteurs et frapper d'une main de fer ceux qui oseraient porter atteinte à la sûreté de la patrie et des citoyens".Hanane al-Barassi, 46 ans, donnait constamment la parole à des femmes victimes de violences dans des vidéos qu'elle diffusait ensuite sur les réseaux sociaux. Elle dirigeait aussi une association locale défendant les droits des femmes.Peu avant son assassinat, l'avocate issue d'une influente tribu de l'Est libyen avait diffusé une vidéo dans laquelle elle critiquait des proches de M. Haftar, parmi lesquels son fils Saddam, en promettant de révéler leurs exactions. Pour la Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul), qui a diffusé un communiqué dans la nuit de mardi à mercredi, sa "mort tragique illustre les menaces auxquelles sont confrontées les femmes libyennes lorsqu'elles osent s'exprimer". L'affaire a provoqué une grande émotion dans le pays, avec des appels à lui rendre justice. La Libye a sombré dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011. Elle est aujourd'hui déchirée entre le Gouvernement d'union nationale (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, et un pouvoir incarné par Khalifa Haftar dans l'est du pays. Les combats ont cessé en juin et les parties au conflit ont repris depuis le chemin du dialogue.