Libye: l'ONU évoque la possibilité de "crimes contre l'humanité"

Par La rédaction

GENEVE (AFP)

La haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a averti mardi les autorités libyennes que "les attaques systématiques contre la population civile pourraient être assimilées à des crimes contre l'humanité".

 Navi Pillay a exigé mardi l'ouverture d'une "enquête internationale indépendante" sur les violences en Libye et demandé l'"arrêt immédiat des graves violations des droits de l'Homme commises par les autorités libyennes".

Le conseil de sécurité de l'ONU se réunira mardi pour discuter de la crise en Libye, avait déclaré lundi à Los Angeles le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, précisant qu'il avait parlé avec le leader libyen Mouammar Kadhafi et l'avait exhorté à la retenue.

"Je l'ai exhorté à respecter totalement les droits de l'homme, la liberté de rassemblement et de parole", a déclaré le chef de l'ONU, peu avant sa participation à une réunion des Nations unies dans la mégalopole californienne. Il a précisé qu'il avait parlé avec le colonel Kadhafi pendant 40 minutes. "L'ambassadeur adjoint de la Libye (à l'ONU) a réclamé une réunion urgente du conseil de sécurité et (...) le conseil de sécurité va se réunir demain matin (mardi)", a déclaré Ban Ki-moon à un petit groupe de journalistes.

Interrogé sur ce qu'il avait dit au colonel Kadhafi, le chef de l'ONU à déclaré: "Je l'ai exhorté à mettre fin aux violences contre les manifestants, et j'ai à nouveau insisté fermement sur l'importance de respecter les droits de l'homme de ces manifestants".

De façon plus générale, face aux mouvements de protestations qui s'amplifient dans plusieurs pays du monde arabe, Ban Ki-moon a affirmé que "les aspirations et les inquiétudes des gens devraient être entièrement respectées et écoutées par les autorités des pays concernés". Un peu plus tôt dans la journée, le chef de l'ONU s'était déclaré, par la voix de son porte-parole, "indigné" par les informations selon lesquelles les forces de l'ordre libyennes avaient tiré sur des manifestants à partir d'avions militaires et d'hélicoptères.