Libye: la France envoie 2 avions et évoque une opération humanitaire massive

28 février 2011 à 13h15 par La rédaction

PARIS (AFP)

La France va envoyer lundi deux avions pour Benghazi (est de la Libye), prélude à une aide humanitaire "massive", a annoncé le Premier ministre François Fillon, évoquant aussi une possible interdiction de survol de ce pays pour empêcher Mouammar Khadafi de réprimer ses opposants.

"Dans quelques heures, deux avions partiront pour Benghazi à la demande du gouvernement français avec des médecins, des infirmiers, du matériel médical, des médicaments.Ca sera le début d'une opération massive de soutien humanitaire aux populations des territoires libérés", a déclaré M. Fillon sur la radio privée RTL.

Lors d'un point-presse, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero, a précisé que les deux avions partiraient "de Paris en fin d'après-midi à destination de Benghazi", et qu'il ne s'agit que de "la première étape de la mobilisation de la France".

"Ces avions transporteront des médecins, des infirmiers, des logisticiens et cinq tonnes de matériel de soin et de médicaments", a-t-il précisé.

Le chef du gouvernement français a par ailleurs estimé qu'une interdiction de l'espace aérien libyen, une des options à l'étude pour affaiblir le dirigeant libyen, nécessiterait l'implication de l'Otan.

Le colonel Kadhafi a perdu le contrôle de plusieurs villes, notamment Benghazi (1.000 km à l'est de Tripoli), épicentre du soulèvement populaire où un Comité révolutionnaire a été mis en place.

"Personne aujourd'hui en Europe n'a les moyens tout seul de réaliser cette opération.Il faudrait donc impliquer l'Otan et je pense là qu'il y a une réflexion à avoir", a avancé François Fillon.

"Est-ce que l'Otan doit être impliquée dans une guerre civile au sud de la méditerranée ? C'est une question qui pour le moins mérite d'être réfléchie avant d'être lancée", a-t-il souligné.

"Nous étudions toutes les solutions pour faire en sorte que le colonel Kadhafi comprenne qu'il doit s'en aller.(...) Je sais qu'on évoque des solutions militaires, ces solutions font l'objet d'évaluation de la part du gouvernement français", a-t-il affirmé.

"J'ai entendu plusieurs observateurs expliquer qu'il fallait par exemple interdire le survol du territoire libyen.C'est une option qui est étudiée", a-t-il ajouté.

Selon le chef du gouvernement français, une telle décision "ne peut être prise que sur la base d'une décision du conseil de sécurité des Nations unies (...) et ne peut l'être que dans le cadre d'une opération conjointe avec des grands pays".

François Fillon s'exprimait au lendemain d'une intervention télévisée du président français Nicolas Sarkozy, qui a solennellement affirmé le soutien de Paris aux révolutions arabes, après plusieurs semaines de confusion sur la position de la France.

Au cours de cette allocution, Nicolas Sarkozy a annoncé un remaniement de son gouvernement, marqué par la nomination de l'ex-Premier ministre Alain Juppé au poste de ministre des Affaires étrangères, à la place de Michèle Alliot-Marie.

Nicolas Sarkozy avait également mis en garde contre la possibilité que ces bouleversements se traduisent par des "flux migratoires devenus incontrôlables" pour l'Europe.

"Il ne faut pas que notre regard sur les révolutions arabes se limite à la question de l'immigration.Le premier sujet, c'est comment on fait pour aider ces révolutions", a expliqué lundi François Fillon.

"Maintenant, on ne peut pas ignorer qu'il va y avoir des mouvements migratoires importants", a-t-il ajouté.

"Le meilleur moyen de les éviter, c'est d'aider la Tunisie à réussir, c'est d'aider l'Egypte à réussir, c'est de faire en sorte que la situation se stabilise rapidement en Libye", a-t-il dit.