Libye: le CNT redemande l'extradition de Mauritanie de l'ex chef des renseignements

Par La rédaction

NOUAKCHOTT (AFP) - (AFP)

Le chef du Conseil national libyen de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a réitéré lundi sa demande d'extradition d'Abdallah al-Senoussi, ex-chef des renseignements libyens, lors d'un entretien téléphonique avec le président mauritanien, a-t-on appris de source diplomatique.

Les deux chefs d'Etat "se sont parlé au téléphone à l'initiative de (Moustapha) Abdeljelil qui a expliqué à son interlocuteur l'importance pour son pays de voir Abdallah al-Senoussi, ex-pilier du régime de Mouammar Kadhafi, extradé dans son pays", a affirmé à l'AFP cette source diplomatique.

L'entretien a aussi porté sur "les relations existant entre les deux pays et des moyens susceptibles de les renforcer", a indiqué l'Agence mauritanienne d'information (AMI, officielle), sans évoquer Senoussi, arrêté en mars en Mauritanie avant d'être inculpé le 21 mai de "falsification de document de voyage" et entrée illégale dans le pays.Il est depuis incarcéré à Nouakchott.

Entré en Mauritanie avec un faux passeport malien et sous une fausse identité, Abdallah al-Senoussi avait été arrêté à l'aéroport de Nouakchott alors qu'il arrivait de Casablanca, au Maroc.

Beau-frère de Mouammar Kadhafi, tué en 2011 par des rebelles libyens, le colonel al-Senoussi, 62 ans, faisait partie de son entourage proche.

Le chef du CNT libyen avait indiqué le 29 mai que les relations futures entre la Mauritanie et la Libye dépendraient de la décision de Nouakchott de l'extrader.

En mars, la Libye avait annoncé avoir "obtenu l'accord de la Mauritanie de (lui) livrer Senoussi", mais Nouakchott avait assuré n'avoir pris "aucun engagement" envers Tripoli.

L'ex-chef des services de renseignements libyen est également visé par une demande d'extradition de la France qui veut le juger pour son rôle dans l'attentat contre un avion d'UTA en 1989.

La CPI avait aussi émis un mandat d'arrêt à l'encontre de Senoussi le 27 juin 2011, l'accusant d'avoir, "par l'intermédiaire de l'appareil d'Etat libyen et des forces de sécurité libyennes", commis "des meurtres et des persécutions de civils constitutifs de crimes contre l'humanité" dès le début, mi-février, de la révolte contre le régime de Kadhafi.